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      • Mineurs au travail, Saulnes 1905

      • Dossier pédagogique réalisé par Nadège MARIOTTI, Enseignante à l'ESPE - Université de Lorraine, Doctorante - Sorbonne Paris Cité et Chercheure associée 2L2S - Université de Lorraine
      • Mineurs au travail, Saulnes 1905
      • La photographie de l’intérieur de cette mine, en noir et blanc, est en réalité une carte postale éditée par E. Mesières en 1905. Dans d’autres publications, cette photographie porte la date de 1910 ou 1912. Inventée dans les années 1870, ce support devenu illustré lors de l’exposition universelle de 1889 à Paris, puis reproduit à partir d’une photographie en 1891, est utilisé comme souvenir et aussi comme message publicitaire. C’est vraisemblablement cette dernière fonction qui intéresse ici la Société des hauts-fourneaux de Saulnes. Effectivement, cette mine de fer, située sur les communes voisines de Saulnes et Longlaville en Meurthe-et-Moselle, est composée de deux mines. La concession de Saulnes, exploitée dès le XVe siècle, appartient  à la Société des Hauts-fourneaux de Saulnes, encore nommée usine Raty, du nom des maîtres de forges propriétaires. La société est fondée en 1872 par Gustave Raty qui l’équipe d’un premier haut-fourneau en 1894. La concession de Longlaville, dont l’exploitation date de la fin du XIXe siècle, est vendue en 1897 à la société Raty de Saulnes. 

        Description

        L’image est prise dans un chantier d’abattage du minerai de fer. Six opérations successives, sans aucune mécanisation ici, permettent l’extraction du minerai. Le forage permet de percer plusieurs trous selon un schéma précis dans la paroi. Lors de la préparation du tir, les explosifs sont placés dans les trous et la charge est amorcée. Le tir arrive ensuite. Le purgeage permet de vérifier la tenue des parois et du toit et de décrocher les blocs fragiles. Le minerai est chargé dans des wagonnets. Pour finir, le toit de la galerie est boulonné afin de le rendre solide et éviter les effondrements.

        Sur cette photographie, le chantier est au début et à la fin de l’extraction puisqu’il s’agit ici de forer les trous de mines alors que le chargement de l’opération précédente s’achève. Au premier plan se trouve un mineur, sans véritable protection, vêtu simplement d’un pantalon, d’une chemise, d’une caquette et chaussé de godillots. Il s’agit d’un casseur de mine, dont le travail consiste à briser les morceaux de minerai les plus volumineux à l’aide d’une masse avant ensuite de les placer dans la berline ou wagonnet qui se trouve à sa droite. Elle repose sur une voie ferrée de chantier, destinée à la déplacer vers la recette où le minerai est ensuite acheminé vers d’autres sites industriels. 

        Au deuxième plan, se trouvent trois personnages. Le plus à gauche est le foreur, qui muni d’un fleuret ou vilebrequin, perce la paroi de trous de mine dans lesquels sont introduits une charge de poudre noire et de la poussière de minerai, comprimée et bourrée à l’aide de la baguette à bourrer posée à côté de lui et contre la paroi sur l’image. À proximité de lui, un poteau en bois, nommé chandelle, sert à tenir le toit de la galerie. Ce support est coincé et maintenu au sommet par une cale. Contre cette chandelle se trouvent deux outils : une pelle à mine pour charger du minerai et une lampe à acétylène pour éclairer (une autre lampe se trouve également au sol). Le deuxième personnage, situé à la droite du foreur, est le chef porion, qui muni de sa canne ou bâton inspecte le toit et anticipe les travaux de boulonnage à venir. Le dernier personnage, plus à droite encore est peut-être le boutefeu chargé de placer les explosifs et de déclencher le tir. 

        Analyse/contextualisation

        Il s’agit ici d’une mine de fer dont l’exploitation se différencie de la mine de charbon (Est mosellan) par une profondeur moindre dans ce cas. Par ailleurs, il n’y a pas de grisou, gaz nocif inflammable à l’origine de nombreuses catastrophes minières. Pour autant, l’air est renouvelé car vicié, entre autres, par les tirs d’explosifs. L’extraction du minerai de fer est ainsi grandement facilitée. Le problème le plus récurent, comme dans une mine de charbon, est celui de l'exhaure. Le foudroyage facilite les infiltrations d’eaux qu’il faut pomper et évacuer.

        Le gisement du minerai de fer lorrain s’étend du Nord au Sud, de Longwy (Moselle jusqu’en 1871) à Nancy (Meurthe-et-Moselle) en passant par Briey (Meurthe-et-Moselle). Les cuvettes géologiques formées tout le long de la frontière avec la Belgique et le Luxembourg permettent, une exploitation dont le simple ramassage suffit. À partir de la fin du XVIIIe siècle, ces sites sont épuisés. 

        Débute alors ce qu’on appelle une exploitation à flanc de côteau vers Longwy, l’Est et le Sud du gisement. La fin de la guerre en 1871 prive les Français de certains sites industriels, en particulier mosellans, sauf Longwy et ses environs. La recherche de ce type d’affleurement s’effectue alors avec succès le long de la nouvelle frontière avec l’Allemagne dans le bassin de Briey.

        Bien que des gisements plus profonds soient également exploités, la mine de Saulnes-Longlaville présente une forme originale. Il s’agit d’une exploitation à flanc de côteau doublée d’une extraction à ciel ouvert. Côté Saulnes-Nord, se trouve l’exploitation à flanc de côteau dont est issue la photographie qui nous intéresse. Elle est active jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. De l’autre côté du massif, Saulnes-Sud, l’extraction se fait par dégagement des couches de minerai en taillant directement le plateau. 

        Cette carte postale a sans doute ici valeur de témoignage, parce que les outils et les techniques utilisées sont celles qui existent depuis au moins trente ans, autrement dit depuis 1880. Couplée avec d’autres cartes issues du fonds Image’Est, il est possible de compléter par l’étape du purgeage du chantier, du chargement du minerai (Sancy 1905) et de montrer l’évolution technologique avec l’apparition du forage à air comprimé (Sancy 1905).

        Bibliographie

        • DALSTEIN Gérard, Les chantiers du fer, 1/ La conquête du fond, Éditions Serpenoise, Metz, 1994, 262 p. 
        • EXPOSITION, L’histoire de la carte postale, consulté le 19 mai 2019 : http://apr-philatelie.pagesperso-orange.fr/Pages/Articles/Expo%20Histoire%20CP.pdf
        • FELLER Guy-Joseph et al, Des mines et des hommes, Editions Paroles de Lorrains, Longwy, 2017.
        • NAVET Francis, Lorraine : les mines de fer, Éd. Serpenoise, Metz, 1997.
        • MONTAGNE André, TINCELIN Edouard, ASTIER Jacques, VAROQUAUX Arthur, Les mines de fer de Lorraine, UIMM, Paris, 1992.
        • MUSÉE DE LA CARTE POSTALE, consulté le 19 mai 2019 : https://museedelacartepostale.fr/origines-carte-postale/ 
        • SOCIÉTÉ DES ACIÉRIES DE LONGWY, Aciéries de Longwy : 1880-1930, Braun et Compagnie, Mulhouse, 1930.

        Pour aller plus loin

        Film Mines de Piennes (sport et travail) : https://www.image-est.fr/Bo%C3%AEte-%C3%A0-outils-Film-Mines-de-Piennes-_Sport-et-travail_-1012-155-0-0.html 
        Photographie abattage à air comprimé (Mine de fer Sancy) : https://www.image-est.fr/Fiche-documentaire-Mine-de-fer-_Sancy_-1284-2402-2-1.html?ref=08ff278b23c5f2460eea138265ccd67a 
        Photographie purgeage et chargement (Mine de fer Sancy) : https://www.image-est.fr/Fiche-documentaire-Mine-de-fer-_Sancy_-1284-2415-2-2.html?ref=08ff278b23c5f2460eea138265ccd67a 
        Photographie Haut-fourneau de Saulnes et mine de Sancy : https://www.image-est.fr/Fiche-documentaire-Hauts-fourneaux-de-Saulnes-et-mine-de-Sancy-1284-2580-2-2.html?ref=fad0ae37af5802a648eb6f67e7fef9c4 
         

      • Publié le 13/06/2019
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