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      • Maison des magasins réunis, Epinal 1912

      • Dossier pédagogique réalisé par Nadège MARIOTTI, Enseignante à l'ESPE - Université de Lorraine, Doctorante - Sorbonne Paris Cité et Chercheure associée 2L2S - Université de Lorraine
      • Maison des magasins réunis, Epinal 1912
      • Ce dessin en noir et blanc, est en réalité une carte postale. Inventée dans les années 1870, ce support devenu illustré lors de l’exposition universelle de 1889 à Paris, puis reproduit à partir d’une photographie en 1891, est utilisé comme souvenir et aussi comme message publicitaire. C’est vraisemblablement cette dernière fonction qui intéresse ici la société des Magasins réunis d’Épinal. Pour autant, il s’agit d’une reproduction noire et blanche à la date incertaine – plutôt 1908-1909 – issue d’une autre illustration éditée en couleur et elle-même provenant d’un dessin d’architecture de Joseph Hornecker (1873-1942). Sur le site du Musée d’Orsay où est conservée l’œuvre originelle, il est noté que le dessin daterait de « vers 1908 » et les bâtiments construits de 1908-1909. L’architecte, alsacien d’origine, travaille à Nancy avec Henri Gutton et est employé pour réaliser la façade, réaménager les bâtiments déjà existants. Ses réalisations à Nancy sont, par exemple, la Villa Marguerite, la Maison Houot ou encore l’Opéra. Les Magasins réunis naissent à Nancy en 1890 grâce à Antoine Corbin, ancien musicien et camelot au marché dont le premier magasin est fondé en 1867 sous le nom Bazard Saint-Nicolas. C’est surtout Eugène Corbin, son fils, qui développe l’entreprise familiale. Des succursales ouvrent en 1895 à Troyes, Toul en 1904 et à Pont-à-Mousson en 1910. Celle d’Épinal serait la troisième en 1902. 

        Description

        Le dessin présente l’angle de ces magasins afin de voir l’entièreté des façades. L’édifice est imposant aussi bien en longueur, qu’en hauteur. 

        Sur la partie basse, des vitrines permettent aux badauds de contempler les produits mis en vente à l’intérieur sur trois étages. Des panneaux annoncent les différents rayons présentés, tels que la confection, la ganterie ou la bonneterie, un rayon floral, la coutellerie. Se mêlent ainsi divers outils et équipements de la vie quotidienne. Des drapeaux flottent tels des oriflammes ornées des initiales du nom du commerce (MR), pour que tous, même au loin, puissent localiser ces magasins. Les façades et les encadrements de fenêtres sont ornés de peintures ou d’éléments en stuc qui révèlent toute la finesse souhaitée dans la décoration qui se veut conforme aux goûts artistiques de l’époque, celui de l’Art nouveau et de l’Ecole de Nancy. 

        Les passants, sont vêtus à la mode avec élégance, robes longues, chapeaux et redingotes. Une automobile au premier plan à gauche et un tramway sur la droite, montrent à la fois l’accessibilité des grands magasins à pied ou à vélo comme en véhicule à moteur, mais aussi le développement industriel de la ville. 

        Analyse/contextualisation

        Dans le dernier quart du XIXe siècle, les grands magasins se multiplient à l’instar du plus ancien d’entre eux Le Bon Marché de 1838 et tels que décrits dans le roman d’Émile Zola, "Au Bonheur des Dames" publié en 1883. En plein renouveau sous Haussmann, Paris se dote d’espaces gigantesques cherchant à attirer la clientèle féminine comme celui du Boulevard Haussmann spécialisé à partir de 1865 dans la vente textile. Les Galeries Lafayette apparaissent en 1894. Antoine Corbin, puis son fils Eugène à partir de 1901, s’inscrivent dans ce mouvement en province, à Nancy. 

        À Épinal, avant la construction des Magasins réunis, existent déjà un ensemble de bâtiments dont le Grand Bazar des Vosges et le Grand Hôtel. C’est d’ailleurs le nom qui figure encore sur le coin droit en bas de la carte postale qui nous intéresse. C’est en 1902 que le Grand bazar d’Épinal devient Magasins réunis et n’est transformé que vers 1908.  

        Cette carte postale a sans doute été éditée par les Magasins réunis afin de montrer leur développement certes économique mais aussi en lien avec l’art au sein de la région. "L’architecture comme vecteur publicitaire" caractérise parfaitement les ambitions d’un tel bâtiment et de cette société commerciale. La société mère est fixée à Nancy alors que la société d’achat est implantée dans la capitale française dès 1894. Ce pied à terre permet à l’entrepreneur de développer des magasins, notamment place de la République, à Paris. La disparition définitive de cette chaîne de magasins a lieu en 1983. 

        Bibliographie

        Pour aller plus loin

        Les magasins réunis Nancy : https://www.image-est.fr/Fiche-documentaire-Magasins-r%C3%A9unis-_Nancy_-1284-3132-2-1.html?ref=cedcbebf5b8d07dce537ef5e7aa85b29 
        Eugène Corbin (1867-1952) : https://www.image-est.fr/Fiche-documentaire-Eug%C3%A8ne-Corbin-_1867-1952_-1284-545-2-1.html?ref=cedcbebf5b8d07dce537ef5e7aa85b29 
         

      • Publié le 13/06/2019
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