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      • L'École de filles d'Haucourt-Moulaine

      • Dossier pédagogique réalisé par Nadège MARIOTTI, Enseignante à l'ESPE - Université de Lorraine, Doctorante - Sorbonne Paris Cité et Chercheure associée 2L2S - Université de Lorraine
      • L'École de filles d'Haucourt-Moulaine
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        présentation

        La photographie de cette école, en noir et blanc, est une photographie positive. Autrement dit, il s'agit d'une copie obtenue après titrage d'un original imprimé sur pellicule négative. 

        Cette photographie n'est pas uniquement celle de l'école des filles mais de l'école entière (filles et garçons) d'Haucourt-Moulaine. Elle a été prise en 1929 par Jean Scherbeck à la demande des Aciéries de Longwy dans le cadre de ses oeuvres sociales. En effet, l'usine des Aciéries de Longwy possède à Haucourt-Moulaine une fonderie et des hauts-fourneaux. 

        Jean Scherbeck, né en 1898 à Champigneulles (54) et mort en 1989, est à la fois photographe, dessinateur et illustrateur reconnu. Il est formé chez un photographe portraitiste à la fin de la Première Guerre mondiale et aussi par les artistes Emile Friant, Victor Prouvé et Henri Royer. Ainsi, il peint et utilise la technique du pastel. Ses portraits d'anciens bretons, lorrains et alsaciens, comme les Mâmiches, font partie de ses oeuvres les plus célèbres. En 1929, date à laquelle est prise la photographie, il expose un dessin au Salon des artistes français à Paris. Il travaille également la photographie et possède à Nancy un studio depuis 1922. Il photographie surtout de jeunes enfants. Il est également l'auteur des clichés imprimés dans l'ouvrage Aciéries de Longwy : 1880-1930 dont fait partie cette photographie. Environ 500 photographies et dessins sont conservés dans les locaux de l'association Image'Est. Certains d'entre eux sont numérisé sur le site internet. 

        description

        La photographie est prise face à l'école. Cet angle de vue permet de voir une route, de l'autre côté de laquelle apparait la grille de l'école et une cour agrémentée de quelques arbres. Le bâtiment se situe en fond de cour. La partie centrale comprend un étage et un grenier. Une salle de classe est présente au rez-de-chaussée et des logements occupent l'étage. À cette époque, les instituteurs sont logés dans les locaux scolaires. De part et d'autre de ce corps principal, se trouvent deux salles de classe en rez-de-chaussée uniquement. 

        Cette école répond aux règles de construction fixées par la loi du 17 juin 1880 : hauteur de 5m sous plafond, trois rangées de tables par classe, les pupitres doivent correspondre à la taille des élèves afin de lutter contre les scolioses. La lumière doit pénétrer dans les salles afin de lutter contre les myopies et laisser les enfants s'évader comme le recommande les psychologues à l'époque. C'est pourquoi, de grandes fenêtres sont présentes sur la photographie. Les écoles sont également équipées d'éclairages d'abord au gaz, puis électriques. Le nombre maximum d'élèves par classe est de 40, sauf en cas de classe unique où le nombre peut aller jusque 50. Ce qui correspond aux trois classes de cette école en 1929.

        analyse / contextualisation

        Au XIXe siècle, les garçons et les filles reçoivent une éducation totalement inégale, accentuée par les différentes origines sociales.  En général, dans les familles aisées, c'est un précepteur qui s'occupe de l'éducation des enfants d'une même famille. Dans les établissements scolaires, l'enseignement est dispensé par des religieux. Il faut attendre la loi Guizot de 1833 pour que les communes de plus de 500 habitants construisent des écoles primaires de garçons. Les filles peuvent alors compléter les effectifs. La loi Falloux de 1850 incite les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école pour les filles. 

        Les lois Ferry de 1880-1882 modifient fondamentalement l'éducation en France de manière durable pour les filles et les enfants des campagnes. Dans un contexte de défaite française contre la Prusse en 1871, l'école, avec le service militaire, les commémorations et surtout les lois républicaines de 1875, sert de tremplin à l'instauration définitive de la République en France. Il s'agit de former de bons républicains, de bons soldats et de bonnes épouses. L'école devient alors gratuite, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans. 

        En 1929, la commune d'Haucourt-Moulaine dispose de plusieurs écoles : l'école d'Haucourt de garçons née en 1833, à laquelle est ajoutée en 1897 celle des filles, l'école Moulaine en 1909. La photographie montre l'école de Moulaine, comprenant une école de garçons, une école de filles et une salle d'asile pour les enfants en bas âge. Originalité surprenante, l'école des garçons à Moulaine n'ouvre qu'en 1910 après celle des filles. La mixité n'éxistant pas, les filles et les garçons sont séparés. En 1933, 133 élèves sont inscrits dans l'école entière. En 1909, c'est la société des Aciéries de Longwy qui construit cette école privée, encore nommée libre. Le photographe est rétribué par l'usine au titre de ses bonnes oeuvres. Il faut attendre 1936 pour que cette école devienne une école publique à la demande des Aciéries de Longwy. 

        En fonction de l'évolution démographique, le nombre de classes se modifie au fil du temps. En 1937, l'architecte B.BESSON demande l'ouverture d'une 4ème classe à Moulaine qui serait construite au fond de la cour (voir document annexe, rubrique "en savoir plus"), des WC sont construits en 1938. En 1949, une classe ferme, ramenant l'école à trois. En 1960, il ne reste plus que deux classes. En 1971, une troisième classe ouvre et en 1973, le chauffage électrique est installé. En 1974, c'est la fermeture de la 3ème classe et en 1983 de la 2ème. L'école ferme définitivement pour la rentrée 1991. 

        bibliographie

        SOCIÉTÉ DES ACIÉRIES DE LONGWY, Aciéries de Longwy : 1880-1930, Braun et Compagnie, Mulhouse, 1930. 

        ALBERTINI Pierre, L'école en France, XIXe-XXe siècle, de la maternelle à l'université, Hachette, 1992. 

        CENTRE NATIONAL DE RESSOURCES TEXTUELLES ET LEXICALES, photomécanique, 2012, consulté le 08 avril 2019.  definition

        CLAUDE Henri et LAHNER Jean, Jean Scherbeck, La mémoire des gens, Éditions Presses et universitaires de Nancy, Nancy 1993, 263p. 

        Fonds d'archives des services de la Bibliothèque et des Archives (archives@senat.fr).

        HUBLAU Louis, L'histoire d'Haucourt-Moulaine-Saint-Charles, Édition communale, mars 1997, pp. 202-208.

        MAYEUR Françoise, Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation en France, 1789-1930, tome 3, Perrin, 2004. 

        PROST Antoine, L'Enseignement en France 1800-1967 Paris, Armand Colin, coll. "U", 1968.

         

      • Publié le 23/04/2019
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