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      • Film Vulcain 53

      • Dossier pédagogique réalisé par Nadège MARIOTTI, Enseignante à l'ESPE - Université de Lorraine, Doctorante - Sorbonne Paris Cité et Chercheure associée 2L2S - Université de Lorraine
      • Film Vulcain 53
      • Le film est en noir et blanc, muet et d’une durée de 24 minutes et 40 secondes. Ce court-métrage a été réalisé en 1953 par Bernard Brun cinéaste amateur au sein de l’usine de la Société métallurgique de Knutange avec des images montrant ses installations internes et externes. Il présente toute la chaîne opératoire de fabrication de l’acier du haut-fourneau au laminoir.

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        Description :

        Time code début

        Time code fin

        Description images

        00 :00 :00

        00 :02 :19

        Acheminement par train des minerais (fer et charbon) et chargement des wagonnets destinés à alimenter les hauts-fourneaux

        00 :02 :20

        00 :05 :15

        Chargement du gueulard de haut-fourneau à partir de bennes et directement par wagonnets

        00 :05 :16

        00 :09 :44

        Le fondeur surveille la réduction du minerai et les ouvriers fondeurs percent le trou de coulée. La fonte s’écoule dans les diverses rigoles. Des échantillons sont prélevés. Les fondeurs veillent au débit et décrassent la fonte. Elle s’écoule dans une poche. La machine à boucher obstrue le trou de coulée. La fonte est acheminée dans un wagon-poche vers l’aciérie

        00 :09 :45

        00 :15 :17

        La fonte est versée dans un convertisseur. Des prises d’échantillons permettent d’ajouter les adjuvants nécessaires et en particulier la chaux. Les flammes sont surveillées (à l’aide de lunettes) afin de déterminer les différentes phases successives de conversion de la fonte en acier. Une fois terminée, l’acier liquide est déversé dans des lingotières, puis refroidi. Il est enfin démoulé et transporté vers le laminoir.

        00 :15 :18

        00 :18 :43

        Après avoir été réchauffé, le lingot d’acier est déposé sur un train de laminoir à chaud. Après divers passages en cages dégrossisseuses, puis finisseuses, il est transformé en barres.

        00 :18 :44

        00 :24 :01

        Les barrées découpées sont acheminées par un pont jusqu’au train où les lamineurs récupèrent la barre à la sortie du four puis la place dans une cage. A la sortie de la cage, à l’aide de pinces la barre est à nouveau introduite dans une cage afin de l’affiner aux dimensions souhaitées.

        00 :24 :02

        00 :24 :40

        Vue sur des wagons aménagés pour transporter d’autres profils comme des poutrelles en I

         

        Analyse/contextualisation :

        Toutes les sources documentaires consultées (voir la bibliographie) s’accordent sur un processus général commun et évolutif de fabrication de l’acier. Elles servent de fondement à la courte description suivante. À l’origine se trouvent les matières premières (charbon et fer), qui sont cokéfiées ou métamorphosées en aggloméré avant d’être transformées en fonte liquide dans le haut-fourneau. Cette dernière est ensuite convertie en acier liquide selon divers procédés (Thomas, Martin, électrique, à l’oxygène pur) qui se succèdent dans le temps pour produire des produits plats ou longs profilés après laminage. Les images filmiques présentent ici toute la chaîne opératoire nécessaire à la fabrication de l’acier. Toutes les étapes sont spectaculaires.

        En 1897, plusieurs sociétés métallurgiques sises en territoire allemand depuis la défaite de la France en 1871, fusionnent et donnent naissance à un ensemble dénommé Lothringer Hüttenverein Aumetz-Friede. Mis sous séquestre en 1919 après la restitution à la France des territoires mosellans, cet ensemble devient alors la Société anonyme des forges et mines de Nilvange. L’exploitation des mines et usines est alors reprise grâce aux capitaux Schneider, de Wendel, Senelle-Maubeuge, Saint-Etienne, Châtillon-Commentry… Elle prend le nom de Société métallurgique de Knutange (SMK) jusqu’en 1963 – sa dénomination change sous occupation allemande de 1940 à 1944. Après sa fusion avec l’Union des consommateurs de produits métallurgiques et industriels d’Hagondange en 1963, elle se nomme Société métallurgique de Moselle (SMS), puis devient Wendel-Sidélor en 1968, SOLLAC-Fensch Sacilor en 1972 avant de fermer ses portes en 1973 dans un contexte de crise économique majeure et de disparition de la sidérurgie lorraine.

        En 1953, date du tournage, l’usine est à son apogée et possédait jusqu’à 8 haut-fourneaux. Sans doute fier de cette renommée, Bernard Brun choisit d’immortaliser cette production industrielle. L’intérêt de ces images, en dehors de l’aspect technique de la fabrication de l’acier, réside également dans les interactions entre les ouvriers et les installations sidérurgiques. Ainsi des métiers sont repérables (voir la description ci-dessus). Les lamineurs sont particulièrement impressionnants de dextérité lorsqu’ils récupèrent à l’aide de pinces les très fines barres en fusion sortant d’une cage pour les glisser à nouveau dans une autre. Un geste manqué et c’est l’accident assuré.

        Par ailleurs, il est également possible de décrire les tenues que portent ces ouvriers. Muni de bleus de travail, d’un chapeau, d’un foulard, de gants et de sabots, le fondeur essaie de se protéger de la chaleur ambiante autour de lui et sous ses pieds. Ce n’est que dans le dernier quart du XXe siècle, que les fondeurs sont équipés de vestes et pantalons recouverts d’un long manteau, de casques, moufles ou gants, guêtres et bottes en matériau ignifugé.

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        Bibliographie :

        AMERICAN IRON AND STEEL INSTITUTE (AISI), Steel Processing Flow Lines, Steelworks, The online resource for steel, 2016, consulté le 04 août 2016 : http://www.steel.org/making-steel/how-its-made/steelmaking-flowlines.aspx

        ASTIER Jacques, « Grandes usines sidérurgiques intégrées classiques », Techniques de l’ingénieur Traité des matériaux métalliques, 2009, consulté le 03 août 2016 : http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/materiaux-th11/siderurgie-des-metaux-ferreux-42368210/grandes-usines-siderurgiques-integrees-classiques-m7090/

        CHAMBRE SYNDICALE DE LA SIDÉRURGIE FRANÇAISE, La fonte et l’acier. Planches illustrées sur l’élaboration et le laminage du métal et sur son utilisation, Paris, [s.d], 36 planches.

        Cours CAP lamineur. La fabrication de l’acier, Centre d’apprentissage, Mont-Saint-Martin, 1976. Fonds documentaire appartenant à M. Bernard Mariotti, Schéma type d’une usine sidérurgique intégrée, p. 0a.

        FÉDÉRATION FRANÇAISE DE L’ACIER, Vue d’ensemble des procédés sidérurgiques, 2009, consulté le 09 septembre 2016 : http://www.acier.org/informations/publications.html.

        FREYSSENET Michel, La sidérurgie française 1945-1979. L'histoire d'une faillite, les solutions qui s’affrontent, savelli, 1979, 241 p.

        GILLE Bertrand, « Prolégomènes à une histoire des techniques », dans Bertrand Gille (dir.), Histoire des techniques, Gallimard, Paris, 1978, pp. 1-118.

        CORBION Jacques, Le savoir… fer - Glossaire du haut fourneau, 6 tomes, Association le savoir… FER, 5ème édition, Florange, 2016, 5120 p.

      • Publié le 04/04/2019
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