Il y a 90 ans, la France basculait. Le printemps 1936 voit la victoire du Front Populaire, coalition de gauche portée par un souffle populaire inédit. Dans les usines, on fait grève et on chante. Le gouvernement Blum vote les congés payés, la semaine de quarante heures et les conventions collectives. Pour des millions d'ouvriers, partir en vacances est une première.
Aujourd’hui, Image’Est conserve les témoignages filmés d’hommes et de femmes ayant vécu durant les années charnières du Front Populaire. Mais qui possède alors une caméra à cette époque ? Ceux qui ont les moyens de s’en offrir une, à savoir les médecins, les pharmaciens, les commerçants, les ingénieurs, etc. Or ces familles aisées ne sont pas étrangères aux bouleversements de 1936, elles en sont les témoins directs. Si les films conservés par l’association ne montrent pas directement les actualités du Front Populaire, ils permettent néanmoins d’illustrer le contexte de la deuxième moitié des années 1930. Entre films industriels, grèves ouvrières, célébrations du 1er mai, vacances sur les plages normandes ou encore dimanches en famille, nous vous proposons d’explorer quelques films de nos collections et ainsi croiser les regards des cinéastes amateurs.
La France ouvrière
Dans les Vosges des années 1930, l’industrie textile domine le paysage économique. Parmi les fonds audiovisuels dédiés au monde du travail de l’Entre-deux-guerres, figurent des documents témoignant de l’importance de ce bassin industriel, notamment les films d’André Dolmaire (1902-1961). Vers 1929, André Dolmaire réalise un film documentaire sur l’industrie des tramways à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

André Dolmaire, Industrie des tramways de Nancy (Meurthe-et-Moselle), 1929, film 16 mm © Gilbert Charron-Dolmaire, Image'Est.
Il est alors opérateur pour l’Office Régional d’Enseignement Cinématographique de Nancy (OREC), fondé en 1924 et dirigé par Louis Colin (1896-1979). L’OREC de Nancy a pour mission principale de diffuser le cinéma à des fins éducatives, en priorité auprès des écoles primaires. Il permet aux établissements scolaires de diffuser des films en leur prêtant du matériel de projection et des films, majoritairement éducatifs et muets. Au-delà du cadre scolaire strict, il organise des séances populaires pour apporter la culture cinématographique à tous. L’OREC est notamment connu pour s’être adapté au film sonore et en produisant ses propres films. André Dolmaire et Louis Colin réalisent des films documentaires à vocation pédagogique sur la région. Ce film de 1929 célèbre la modernité, offrant des vues embarquées à l’intérieur du tramway, ou encore des ouvriers travaillant dans les ateliers de fabrication. Le film nous indique des statistiques impressionnantes : le réseau transporte 23 millions de voyageurs chaque année, soit « plus de la moitié de la population de France ». Si les ouvriers apparaissent dans le cadre, la machine est le véritable sujet du film qui dépeint un environnement de travail harmonieux, sans conflits ni tensions. Au moment de quitter leurs postes, les ouvriers semblent parfaitement connaître la procédure et pointent, l’un après l’autre, tels des « ouvrier[s] consciencieux ».
Quelques années plus tard, Louis Colin et André Dolmaire réalisent Le Massif vosgien, un film pédagogique destiné aux écoles et tourné dans le cadre de l’OREC en 1937.
Louis Colin, André Dolmaire, Le Massif vosgien, 1937, film 35 mm © Gilbert Charron-Dolmaire, Image'Est
Ce film présente une séquence sur l’industrie textile locale, où l’on voit la fabrication de la célèbre « toile de Gérardmer », présentée avec fierté. Pendant que des femmes s’affairent autour des métiers à tisser, des hommes blanchissent les pans de textile sur les près à l’extérieur. La même année, le film est récompensé d’une médaille d’or lors de l’Exposition universelle de Paris que nous évoquerons plus tard. La narration et les plans du film sont pensés de façon à illustrer un véritable cours de géographie physique et économique, combinant schémas et images documentaires sur fond de musique orchestrale. À l’instar d’autres productions contemporaines de ce type, les films de Louis Colin et d’André Dolmaire dépeignent le travail comme voie de prospérité régionale, sans aspérité ni visage fatigué. Ces films institutionnels coexistent dans les fonds d’Image’Est avec des images amateurs d’un tout autre type, tournées différemment car celles ci ne sont pas destinées au public, offrant un autre regard sur la société de l’époque.
En 1930, un film institutionnel met en lumière la prospérité de la Blanchisserie et Teinturerie de Thaon (B.T.T.).
Anonyme, La Blanchisserie et Teinturerie de Thaon-les-Vosges (Vosges), 1930 environ, film 35 mm © Image'Est
Au bord de la Moselle, cette dernière est désignée comme la plus grande usine de France et d’Europe et traitant plus de 700 000 mètres de tissu quotidiennement. Des vues panoramiques des bâtiments aux ouvrières penchées sur leurs établis, en passant par les machines imposantes, tout est mis en scène pour illustrer la puissance et le prestige de l’établissement. Les directeurs de l’usine, Armand Lederlin (1836-1919), puis Paul Lederlin (1868-1949), sont célébrés comme une famille de visionnaires. Ce film, loin des conflits sociaux, offre une vitrine du patronat français florissant.
La réalité est à nuancer. Dans les usines françaises des années 1930, les conditions de travail sont particulièrement éprouvantes : journées longues, salaires bas, chômage partiel massif et absence de protection sociale qui pèsent sur le quotidien ouvrier. La crise de 1929 a aggravé la situation, avec une multitude de licenciements et de réductions de salaires. C’est cette accumulation de mécontentement qui, en partie, explique l’arrivée du Front Populaire et les nombreuses grèves de mai à juin 1936.
En 1936, Lucien Perrot, alors employé à la B.T.T., filme les grèves du textile à Thaon-les-Vosges (Vosges).
Lucien Perrot, Grèves du textile à Thaon-les-Vosges (Vosges), 1936, film 9,5 mm © Michel Guéry, Image'Est
À quelques années d’écart, il nous offre alors une toute autre vision de l’usine. Son film marque un contraste saisissant avec le film précédent. Il s’ouvre sur un titrage soigné, « Thaon 1936, le conflit textile », inscrit sur un tissu. Devant l’usine, les grévistes forment un barrage. Si la foule, nombreuse, se compose principalement d’hommes, quelques femmes se mobilisent également et renforcent les rangs. Certains sourient face caméra, tandis que d’autres semblent plus passifs. La scène prend alors une tournure inattendue : Monsieur Seyrante, directeur général de la B.T.T., tente de franchir le barrage en voiture. Il avance lentement, mais les grévistes l’encerclent. La caméra capte chaque instant de près. Ce sont les mêmes lieux, les mêmes murs d’usine que dans le film institutionnel de 1930, mais le regard a radicalement changé de camp. Là se trouve la force principale du film amateur : réalisé sans visée commerciale, dans un cadre privé, non institutionnel et diffusé dans un cadre restreint, le film amateur offre aujourd’hui des images inédites où se croisent petite et grande Histoire.
Le 1er mai, fête et symbole
Aujourd’hui, le jour du 1er mai est connu comme étant la Fête des travailleurs, jour férié et chômé depuis 1948. Pourtant, cette date rappelle également les manifestations ouvrières en France et les avancées sociales dont fait partie la réduction du temps de travail à huit heures par jour en 1919.
Dans l’Est industriel, le 1er mai prend une ampleur particulière sous le Front Populaire : selon l’historien Antoine Prost, les rassemblements du 1er mai rassemblent 25 000 personnes à Nancy et 25 000 personnes à Longwy en 1937, allant jusqu’à 15 000 à Metz en 1938. Des chiffres qui témoignent d’une mobilisation ouvrière considérable dans la région. Pourtant, cette date n’est pas forcément synonyme d’une lutte sociale pour tous.
En 1938, l’employé de la B.T.T. Lucien Perrot filme le 1er mai à Domrémy-la-Pucelle (Vosges).
Lucien Perrot, Le 1er mai à Domremy-la-Pucelle (Vosges), 1938, film 9,5 mm © Michel Guery, Image'Est
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas un film sur les grèves et les manifestations ouvrières, mais plutôt sur la cérémonie en l’honneur de Jeanne d’Arc, née dans la commune. Organisée par l’association des « Compagnons de Jeanne d’Arc » suite à sa canonisation en 1920, cette cérémonie religieuse et patriotique perpétue la tradition de célébrer Jeanne d’Arc à Domrémy-la-Pucelle le 1er mai, en contrepoint au 1er mai des travailleurs. Entourés de nombreux religieux, militaires et civils (dont beaucoup semblent aisés) s’adonnent à une messe en plein air, au milieu de drapeaux français. Les festivités se poursuivent avec un défilé et une réunion à la basilique du Bois Chênu (Domrémy-la-Pucelle, Vosges). Le film se termine sur un plan de la statue de la sainte, regardant le ciel, épée à la main. Ce 1er mai 1938 à Domrémy-la Pucelle est bien loin du 1er mai ouvrier : il s’agit d’un 1er mai sans ouvrier ni syndicat, davantage tourné vers un passé glorieux et national.
Mais la tradition du 1er mai comme jour des Travailleurs est ce qui est resté dans l’imaginaire collectif, d’autant plus depuis que cette date est fériée et chômée. Marcelle Verelle (1922-2018) retrace la journée du 1er mai de 1956.
Marcelle Verelle, Activités du 1er mai (Ile-de-France), 1956, film 8 mm © Mairie de Maidières, Image'Est
Née en 1922, à Maidières, Marcelle Verelle était professeure de sténodactylographie et cinéaste amateur, membre de plusieurs clubs de cinémas lorrains, elle réalisa des films de famille, de voyage et même des fictions. Le film s’ouvre sur un plan de Marcelle Verelle achetant une botte de muguet, contextualisant ainsi le jour de réalisation du film. Le film continue sur le rassemblement au stade de Vincennes (Val-de-Marne) de la dite “Unité” (réunification CGT–FO), avec Eugène Hénaff (1904-1966) et Benoit Frachon (1893-1975) à la tribune. On y voit des banderoles, des ouvriers et des syndicalistes tenant les journaux L’Humanité ou La Vie ouvrière. Tout se met en branle autour des travailleurs et des syndicalistes qui font la fête.
Des vacances pour tous?
Partir en vacances a été pendant longtemps un privilège accessible uniquement aux familles aisées. Il faut attendre l’arrivée du Front Populaire en 1936 pour que les ouvriers aient, eux aussi, la possibilité de partir en vacances. Pour la première fois, ils bénéficient de deux semaines de congés payés et de tarifs réduits sur les billets de train, mesures instaurées par Léo Lagrange (1900-1940). En revanche, il est important de rappeler que les films amateurs des années 1930 sont produits par une classe bourgeoise et aisée pouvant, non seulement, se permettre de partir en vacances, mais également de les immortaliser grâce à la couteuse caméra.
Plusieurs films de nos collections témoignent de séjours balnéaires dans les années 1930, notamment au bord de la côte Atlantique, destination particulièrement privilégiée pour ses infrastructures touristiques et ses vues marines. La plupart d’entre eux montrent des moments en famille à la plage comme à Pornichet (Loire-Atlantique) ou à Deauville (Calvados).
Anonyme, Vacances à Pornichet (Loire-Atlantique), 1934, film 9,5 mm © Dominique Hennequin, Image'Est
Créée au milieu du XIXe siècle et reliée à Paris par le chemin de fer, la ville normande est une destination de vacances de luxe depuis sa création. Elle est notamment célèbre pour sa grande plage de sable bordée par Les Planches, une promenade emblématique datant des années 1920. Pornichet, quant à elle, est une station familiale de la côte atlantique qui s’est développée dès les années 1880, attirant une clientèle aisée venue profiter de sa plage. Les enfants jouent sur la plage, non loin des parents profitant, eux aussi, des plaisirs du littoral. Les grandes maisons en bordure de plage, les cabines de plage tractées par les chevaux ou encore les tenues de bain soignées nous montrent bien la population bourgeoise occupant les plages, loin des codes ouvriers.
Entre 1933 et 1934, la famille Bourjot-Watier filme ses vacances qui commencent comme la plupart des films amateurs de vacances de l’époque.
Léon Watier, Vacances estivales en famille, entre 1933 et 1934, film 9,5 mm © Christine Bourjot, Image'Est
On voit la plage de Juan-les-Pins (Alpes Maritimes) et les enfants jouant dans l’eau ou dans le sable. Mais finalement, le film nous embarque dans un long voyage entre l’Italie et la Suisse. En passant par Gênes, nous pouvons voir les domestiques accueillir la famille et s’occuper de leurs bagages. A Milan, la famille se promène en voiture et visite le Dôme. Enfin, arrivée à Lucerne (Suisse), la famille visite la ville et les enfants ramassent des fleurs. Les habits soignés des parents et les robes à volants des petites filles semblent être un premier indice sur la situation sociale aisée de la famille. Puis, les calèches et les voitures de luxe ne font que confirmer ce que laissaient déjà entrevoir les tenues. Si, à l’origine, le film sert d’album de souvenirs, nous le regardons aujourd’hui comme un portrait social d’une bourgeoisie ayant la possibilité de voyager. Quand ces images sont tournées, la plupart des ouvriers n’ont encore jamais eu les moyens de partir en vacances.
Mais avec l’arrivée des congés payés en 1936, le rapport au temps libre évolue. En 1938, un groupe d’excursionnistes part au lac de Gérardmer (Vosges).
Anonyme, Excursion à Gérardmer (Vosges), 1938 environ, film 9,5 mm © Jean-Marc Thorr, Image'Est
Le groupe se balade en bateau, chapeaux sur la tête. Après cette balade, les femmes se recoiffent dans l’autocar avant de monter sur la Roche du Diable profitant d’une vue imprenable sur la vallée et le lac. L’excursion se termine par une danse devant l’Hôtel-Restaurant Belle-Vue. Ici, la diversité du groupe frappe : alors que dans les films de vacances précédents nous voyons principalement des familles, ici jeunes femmes, jeunes hommes et personnes âgées s’amusent, sourient et dansent ensemble. Les habits sont également différents des films balnéaires, avec des tenues plus modestes. Le cadre semble avoir une frontière un peu plus poreuse, comme si les congés payés avaient commencé à changer quelque chose discrètement.
Paris 1937 : L’Exposition universelle sous le signe du Front Populaire
Alors prévue dès 1934, l’Exposition universelle de Paris a pris tellement de retard qu’elle risquait d’être annulée. Mais le gouvernement Blum y voit une opportunité de mettre en scène sa vision d’une France moderne, populaire et ouverte à tous; une vitrine internationale des idéaux du Front Populaire, relançant la manifestation. Or en 1936, avec les mouvements sociaux nés du Front Populaire en mai et juin, les travaux prennent du retard à cause de grèves et de blocages, notamment en ce qui concerne le pavillon de l’URSS. Alors que l’Exposition Universelle devait ouvrir pour le 1er mai symboliquement, date de la Fête des travailleurs et emblème du Front Populaire, celle-ci ouvre finalement le 25 mai malgré les risques de critiques de la part des opposants, qui reprochaient déjà au gouvernement Blum son incapacité à tenir les délais. Lors de l’ouverture, les pavillons de l’Allemagne du Troisième Reich et celui de l’URSS gagnent la médaille d’or de l’Exposition. Les deux bâtiments se font face symboliquement de part et d’autre de la Tour Eiffel.
Le photographe professionnel et revendeur de matériel photographique et cinématographique René Lasch (1907-1991), prend à nouveau la caméra et filme l’Exposition Universelle de 1937.
René Lasch, Visite de l'exposition universelle de Paris, 1937, film 9,5 mm © Daniel Lasch, Image'Est
Il s’attarde d’abord sur les illuminations du Trocadéro de nuit, teintant les images d’onirisme, ainsi que sur les fontaines et jets d’eau spectaculaire, mettant en scène la grandeur et la modernité de la France. L’Exposition suscite un grand engouement et attire de nombreuses personnes venues voir les différents Palais éphémères, dont les palais coloniaux français tels que le Palais de l’Indochine, le Palais de l’Inde française, le Palais de l’Afrique équatoriale ou encore le Palais de l’Algérie. L'Exposition avait vocation à s'ouvrir à tous, conformément aux idéaux du Front Populaire ; pourtant, la foule filmée paraît largement bourgeoise, comme si le regard de la caméra se posait naturellement sur ceux qui lui ressemblent. La modernité est célébrée tout au long du film à travers la visite du Zoo de Vincennes, inauguré trois ans plus tôt, mais également la grandeur du pavillon soviétique devant la Tour Eiffel. Le pavillon soviétique revient à deux reprises dans le film ainsi que sa statue de L’Ouvrier et la Kolkhozienne qui surplombe le bâtiment. Le film se termine par une balade sur la Seine, de laquelle on aperçoit le pavillon de la Suède puis celui de la Tchécoslovaquie. L’Exposition universelle de Paris de 1937 est l’une des plus grandes manifestations de la modernité. C’est d’ailleurs dans cette exposition que le film Le Massif Vosgien cité précédemment a reçu la médaille d’or dans la catégorie « film d’enseignement ».
Mémoire longue : l’héritage ouvrier
Quarante ans après le Front Populaire, la lutte ouvrière dans l’Est n’a pas disparue. En 1978 et 1979, la ville se soulève afin de protester contre la fermeture des usines. On n’avait rarement vu dans l’industrie française une telle protestation et une telle brutalité dans cette fermeture. Albert Falcetta a filmé les manifestations des ouvriers de Longwy (Meurthe-et-Moselle) dans son film Longwy vivra.
Albert Falcetta, Longwy vivra, 1978, film Super 8 © Albert Falcetta, Image'Est
Fils d’immigrés italiens, maître-ouvrier et militant syndical à la sidérurgie de Longwy, il participa à la mobilisation des sidérurgistes contre la fermeture des usines qui menaçait alors le bassin. Il a suivi le cortège de Longwy jusqu’à Paris en passant par Verdun (Meuse), Châlons-sur-Marne (Marne) et Reims (Marne) où ils ont été accueillis par les syndicats locaux. Falcetta filme la mobilisation ouvrière de l’intérieur, parmi les manifestants. Les journaux de L’Humanité et La Vie ouvrière sont distribués par les manifestants. Les manifestants sont même rejoints par des délégués allemands à Pantin (Seine-Saint-Denis) en guise de soutien. Selon Falcetta, la marche rassemble entre 100 000 et 300 000 personnes à Paris, soutenue par certaines classes politiques françaises. 90 ans après le Front Populaire, les images amateurs conservées par Image’Est nous rappellent que cette histoire n’est pas seulement celle de la classe politique dirigeante, mais aussi celle de Lucien Perrot filmant les grévistes devant son usine, celle de Marcelle Verelle achetant son muguet, ou encore celle d’Albert Falcetta marchant sur Paris avec sa caméra. Entre les grévistes Thaonnais de 1936 et les sidérurgistes Longoviciens de 1979, la même dignité ouvrière s’exprime. Quarante ans séparent ces images mais elles parlent d’une même mémoire, celle d’une France du travail qui a su faire basculer le pays au printemps 1936.
Emilie MULLER
Etudiante en M1 Histoire Civilisations Patrimoine à l'Université de Lorraine (Nancy)
Cet article a été mis en ligne le 4 juin 2026.
Pour en savoir plus :
- Pascal Laborderie, « Les Offices du cinéma éducateur et l’émergence du parlant : l’exemple de l’Office de Nancy », 1895. [En ligne], 64 | 2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 07 mars 2026. URL : http://journals.openedition.org/1895/4373 ; DOI : https://doi.org/10.4000/1895.4373
- Antoine Prost, Les premier mai du front populaire en province (1936-1939), in Vingtième Siècle, revue d'histoire, n°27, juillet-septembre 1990, pp. 61-76.
- Antoine Prost, Autour du Front populaire : Aspects du mouvement social au XXe siècle, éd.Le Seuil, 2011.
- Mélanie Roussel, « L’usine du début des années 1930, antre de domination exaltée et de rébellion tempérée », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique [En ligne], 125 | 2014, mis en ligne le 01 octobre 2014, consulté le 27 mai 2026. URL : http://journals.openedition.org.bases-doc.univ-lorraine. fr/chrhc/3903 ; DOI : https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.4000/chrhc.3903
- Raoul Girardet, "Bodin (Louis), Touchard (Jean) - Le Front populaire : 1936", in Revue française de science politique, 13ᵉ année, n°1, 1963. pp. 213-214.
- Jean-Paul Brunet, Histoire du Front Populaire (1934-1938), Paris, Presses universitaires de France, Coll. « Que sais-je? », 1998.
Pour aller plus loin :
- Serge Bernstein, La France des années 1930, Armand Colin, collection Cursus, 2003
- Henri Noguères, La Vie quotidienne en France au temps du Front Populaire, 1935-1938, éd. Hachette, 1977.
- Pierre Schill, 1936. Visages et figures du Front populaire en Moselle, Metz, Editions Serpentine, 2006.
- Michel Margairaz, Danielle Tartakowsky et Daniel Lefeuvre, « L’avenir nous appartient! » : une histoire du Front populaire, Paris, Larousse, 2006.
- Denis Peschanski (dir.). Les Elites locales dans la tourmente. Du Front populaire aux années cinquante, CNRS éditions, 2000.