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Patrimoine
Fiche documentaire

Fiche documentaire

Publié le 05 mars 2600

Alain Fournier "A fleur de terre"

Alain Fournier "A fleur de terre"

À la fin du siècle dernier, la découverte sur les Hauts de Meuse, du corps d'Alain-Fournier et de ses hommes, a donné lieu à la réalisation de ce documentaire historique. Au delà de la personnalité de l’auteur du “Grand Meaulnes” porté disparu depuis septembre 1914, ce film permet de mieux comprendre comment fut vécue la disparition des combattants de la Grande Guerre.

Nous leur devions ces images…

“On ne vit d’abord qu’un intérêt littéraire dans la découverte, en 1991, de la fosse où avait été enseveli Alain Fournier. Les bois de Meuse où l’écrivain avait disparu aux premiers mois de la guerre de 1914, le rendaient enfin à ses admirateurs, les fervents lecteurs du Grand Meaulnes. Il manquait à sa biographie le point final. On avait retrouvé son corps, on allait pouvoir refermer le livre de sa vie, le placer entre deux dates précises dans la liste des grands romanciers du siècle.

Cet aspect des choses, tout important qu’il fût, n’aurai pas suffit à faire un film. Mais, dans la même fosse se trouvaient vingt autres compagnons d’infortune, vingt autres disparus. Cette compagnie anonyme, ces cadavres de soldats sans célébrité, témoignaient ensemble d’une guerre atroce qu’aucun n’avait méritée. Ces innocents frappés aveuglément, comme ailleurs des millions d’autres, dans ce sous-bois de Saint-Rémy-la-Calonne rouillé par de furieux combats, donnaient un sens pathétique à l’absurdité du conflit. Ces corps alignés, la nudité de leurs squelettes,leurs lambeaux d’uniformes, apportaient une preuve du grand désarroi qui s’empare du monde quand sonne l’heure des massacres et que plus rien ne peut les arrêter. Cela méritait sans doute un témoignage. Eux, peut-être, pour la patrie, pour la France ou d’autres bonnes raisons, mais nous, quatre-vingts ans plus tard, nous qui savions plus trop pourquoi, nous pensions seulement qu’il est infiniment triste et scandaleux de mourir à l’âge des espérances et des premières amoures. Cela valait peut-être un film, un hommage. Ce petit secteur de ligne de front, si banal, si calme, cette clairière à l’écart, sans histoire, qu’aucun d’eux n’aurait jamais connue, était devenue, ce jour fatal de septembre où l’accrochage eut lieu, le dernier feuillage, le dernier morceau de ciel que leurs yeux avaient vus. C’était dérisoire et poignant. Nous leur devions ces images.

Et puis, tout n’était pas si lointain. La forêt est toujours blessée par les éclats d’obus, des survivants se souviennent encore et les feuilles n’ont pas toutes oublié. Nous avons retrouvé la fille d’une victime, c’est un témoin encore aimant.Il était donc possible - demain il sera trop tard - de donner une voix proche, charnelle, à Pierre Imbert, l’un de ces malheureux. Nous devions l’enregistrer. Nous avions là un petit morceau de guerre bien horrible et mortel, un exemple tout banal et sanglant, il valait la peine de le montrer. Enfin, il ne fallait pas décevoir ces jeunes morts de 14 qui, en quelque sorte, reprenaient du service pour entretenir le souvenir des sacrifices et d’une boucherie”.

Jean-Pierre Hélas & Alain Ries (réalisateurs)

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