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Grands angles
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      • La bergamote et son emballage

      • Le célèbre bonbon de Nancy

        Origine du bonbon et les premières boîtes

        L’origine exacte du bonbon qu’est la Bergamote de Nancy est très incertaine et surtout fort controversée à Nancy.
        Certains font remonter ce bonbon à Stanislas en s’appuyant sur les écrits de son cuisinier Gilliers qui dit faire des « abesses » à la bergamote.
        On peut aussi se référer au confiseur Machet qui en 1803 écrit un ouvrage dans lequel il propose des « sucres à la bergamotte » ressemblant fortement à nos plaquettes de bergamotes avant découpage.
        Saurons-nous jamais un jour comment et à quelle date est apparu l’ancêtre de nos bonbons bergamotes et surtout pourquoi à Nancy ? En effet, ce bonbon est constitué de sucre …. certainement pas lorrain et d’essence de bergamote qui est un agrume d’origine encore plus lointaine (calabraise et sicilienne) ! Où alors, serait-ce le bon René 1er, duc de Lorraine et roi de Sicile qui aurait ramené ce produit ? Là, cela nous remonterait au milieu du XVe  siècle ? 
        Ces bonbons, de ce qu’on en connaît, étaient vendus dans des boîtes en carton ou en fer blanc.
        Ci-dessous la plus ancienne boite découverte à ce jour (elle est en carton) datant des années 1870-1880. Les dimensions de ce bonbon n’étaient pas standardisées et ici ils s’empilaient en une seule rangée de bergamotes de 5 cm de côté. 

         

        Les boîtes en tôle pliée

        Si la technique de la boîte de conserve est assez ancienne (Nicolas Appert, 1810) et celle du fer-blanc encore plus vieille (première usine à Beaumont-la-Ferrière en 1665), il faudra attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour voir apparaître des boîtes en tôle lithographiées. Les besoins les plus délicats, quant à la conservation du produit, s’étant fait sentir pour l’industrie de la sardine, il n’est pas étonnant que d'importantes entreprises se soient alors installées au plus près de leurs lieux de production, sur les côtes de l’Atlantique comme « Riom » à Nantes ou « Les Forges d’Hennebont » dans le Morbihan. 
        On  trouve donc pour nos premières boîtes connues de bergamotes (fin XIXe, début XXe) ces boîtes lithographiées réalisées en fer-blanc pour une meilleure conservation.
        Les premières sont en tôle pliée. Les techniques d’emboutissage n’en étant qu’à leurs débuts, on trouva donc des boîtes imprimées en tôle pliée (et non embouties) à angles droits dont voici un magnifique exemple de style Art Nouveau de la maison Kalck.

         

        Pénurie pendant la première guerre mondiale

        Pendant la Première Guerre mondiale, on ne fabriquait, certes pas beaucoup de bonbons. De plus, les machines à imprimer la tôle ne fonctionnaient plus. Par contre, les boîtes en tôle pliées se fabriquaient toujours, ne serait-ce que pour ranger les cartouches de fusils. Les imprimeries papiers fonctionnaient également pour les journaux si bien que les confiseurs achetaient des boîtes en fer-blanc nues et les recouvraient de papiers imprimés.

        Ces boîtes que le papier rendait assez fragiles, sont actuellement assez rares à retrouver actuellement en bon état, un siècle après.

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        On retrouvera ce principe de papier sur boîte en fer-blanc pendant la Seconde Guerre mondiale, mais cette fois sur des boîtes cylindriques que l’on trouvait déjà dans le commerce.

        Bergamotes ou Bergamottes ?

        On remarque les deux orthographes : bergamote et bergamotte. La bataille est très rude à Nancy sur ce sujet. Certains prétendent même qu’il y a eu erreur ou faute d’orthographe. Qu’en est-il exactement ?

        Si l'on remonte un peu dans le temps, on constate que l’on trouvait les deux orthographes en fonction des années et des dictionnaires. Par exemple, Le Nouveau Dictionnaire de M. Lachârtre édité en 1886 l’écrit avec un seul T ; l’Encyclopédie Universelle de B. Dupiney de Vorepierre éditée en 1876 propose les deux orthographes et le Nouveau dictionnaire de la langue française de Noël et Chaptal édité en 1848 propose les deux T. Si l’origine de ce mot est liée à son principal pays producteur qu’est l’Italie l’écrivant « bergamotto », on comprend son écriture première avec le doublement de la consonne. 
        On comprend donc mieux ces différences pour les boîtes de bergamotes au début du XXe siècle où, là, les dictionnaires autorisaient les deux orthographes. Celles-ci étaient pourtant source de confusion et firent que l’on ne savait plus s’il fallait un ou deux T, comme en témoigne ce même modèle de boîte de la même maison (les établissements de la Salle) trouvé écrit une fois avec un seul T et une fois avec deux T.

         

        Afin de se différencier l’une de l’autre, les deux plus importantes maisons de bergamotes du début du siècle, la Maison Lalonde et la Maison Lefèvre optèrent chacune pour une de ces orthographes. La Maison Lefèvre décida donc de déposer le nom de « Bergamotte de Nancy ». Actuellement, sans erreur d’orthographe, cette maison est donc le seul à vendre des bergamottes.

        Les boîtes en tôle embouties

        Puis vinrent les emboutisseuses et là, on commença à rencontrer le type de boîte que l’on trouve encore de nos jours.

        Ici une série s’étalant de 1920 à 1950

        Les fabricants de boîtes métalliques

        Ces boîtes métalliques furent fabriquées par un certain nombre de ferblantiers.

        Ce sont près des ports de pêche avec leurs usines de conserves de sardines, florissantes à la fin du XIXe siècle, et consommatrices de boîtes en fer blanc lithographié que l’on trouva les premières usines à fabriquer des boîtes alimentaires. Pour les boîtes de bergamotes, on a d’abord trouvé des boîtes métalliques, les établissements Riom à Nantes et les Forges d‘Hennebont dans le Morbihan. Il y eu aussi Carnaud avec les forges de Basse Indre, Chambon (le successeur de Riom qui a produit beaucoup de boîtes de bergamotes), Hirschfeld à Strasbourg et d’autres, sans oublier bien sûr la célèbre maison nancéienne FEREMBAL.

         

         Voici quelques lignes extraites du livre « Les Bergamotes de Nancy » :

        Robert Bindschedler, d’origine suisse, vint à Paris en 1900 comme représentant du fabricant de fer blanc anglais « Tin Savoy ». Il achèta un ancien moulin à Massilly (71) et y fabriqua, pendant la Première Guerre mondiale, de l’étain récupéré par électrolyse sur des déchets de fer blanc. Robert Bindschedler créa ainsi en 1924 la « Société Nancéienne d’Emballages Métalliques ». Le 24 août 1931 Il créa avec d’autres fabricants – dont la société Simplex de Nancy – la société Ferembal. En 1942, Ferembal rachète les établissements Willame (quelques boîtes de bergamotes porteront ce nom) à Clichy dont l’usine disparaîtra quelques années plus tard dans un incendie. Pour faire face aux soucis financiers dus à cet incendie, Ferembal abandonne l’usine de Massilly qui devient autonome. En 1975, la société Cofem s’associa avec Ferembal et reprit la fabrication des boîtes de bergamotes et en 1981, Ferembal qui ne faisait déjà plus le produit qui nous intéresse ici, quitte définitivement le site de Nancy pour être « délocalisé », quelques kilomètres plus loin, à Ludres.

        • Le fameux moulin de Massilly

        • Les ateliers Simplex, à leur début, bien avant la fusion avec EerEmbal

        • Les ateliers Simplex, à leur début, bien avant la fusion avec EerEmbal

        • FerEmbal : une des chaînes de fabrication

        • FerEmbal : impression des tôles

        BOÎTES PAS TOUJOURS RECTANGULAIRES

        La forme des boîtes était pratiquement toujours parallélépipédique mais parfois, comme illustré ci-dessous, elles pouvaient varier et ce pour différentes raisons :

        • Une boîte de 1909 avec étiquette papier (question de fabrication à l’époque)

        • Une boîte de 1910 de forme dite « papillon » 
          (série de boîtes embouties importées d’Angleterre où il n’y avait plus qu’à faire coller une bande de décalcomanie indiquant ici : LALONDE 19 rue du Pont Mouja NANCY spécialités de Bergamotes de Nancy)

        • Une boîte de 1990 parallélépipédique à angles coupés (pour l’esthétisme, je présume)

        • Une boîte de 2012 en forme de cœur (sortie pour la saint Valentin)

        Boîtes en plastique

        Puis vint la folie du plastique dans les années 1970. La bergamote n’y échappa pas et quelques rares fabricants ont essayé ce produit pour leurs boîtes (mode et prix de revient certainement).

        Cette assez belle série de la maison Aptel qui, d’après ce confiseur, était difficile à plier et à fermer (feuille de plastique relativement rigide) fut, de plus, boudée par les consommateurs. De ce fait, ces boîtes n’ont presque pas été utilisées (pauvres collectionneurs !!!).

         
         

        Pendant cette période, un autre confiseur aussi connu, M. Lalonde s’y essaya également en partie (association de plastique et métal) pour ses bonbons (bergamotes ?) mais n’eut pas plus de succès.

        Décidément, pour les Lorrains, le plastique ne pouvait pas faire bon ménage avec des bonbons.

        Retour à l’Art Nouveau

        Il y a une dizaine d’année, Alain Batt, un autre grand confiseur, eut l’idée de demander au magasin Laflor vendeur de pâtes de verre de style Art Nouveau produit qui eut son heure de gloire au début du XXe siècle) de lui fabriquer des boîtes de bergamotes et des « pots » à bergamotes pouvant être réutilisés comme porte-crayons sur un bureau. Il lui fallait aussi un texte dans le style et c’est votre serviteur qui s’y est attelé en s’inspirant - évidemment - d’une boîte de bergamotes de l’époque.

         

        Là aussi le succès ne fut pas total. Le nancéien semble attaché à sa boîte métallique mais je pense cependant que le prix de vente, du fait du coût de la pâte de verre, en est en grande partie responsable.

        Actuellement

        S'il y a eu un nombre incalculable de boîtes de bergamotes (plus de 1000 recensées dans ce répertoire) durant près d’un siècle, il n’en est plus rien de nos jours.
        Au début du XXe siècle, un commerçant pouvait commander seulement une centaine de boîtes du même modèle mais il doit en commander 10 000 de nos jours, ce qui explique qu’il n’y a plus que quelques modèles disponibles actuellement et uniquement chez les gros confiseurs.
         

        Et pour ne citer que les 3 principaux :

        • Lefèvre

        • Lalonde

        • Alain Batt

         On rencontre, de ce fait, de plus en plus de bergamotes vendues en sachet.

        Informations

        Pour plus de renseignements sur les bergamotes
        contactez l’auteur Alain Barrot barrotal@yahoo.fr

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