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Etapes d'itinéraire
      • Etape A
      • Le château de Seraing

      • LE BASSIN SIDÉRURGIQUE LIÉGEOIS

      • John Cockerill naît en 1790, dans une Angleterre qui a commencé son industrialisation mais qui est temporairement ralentie à cause d’un blocus imposé par Napoléon sur l’Angleterre. Son père, William Cockerill, constructeur au chômage de machines pour l’industrie textile, espère pouvoir faire fortune à l’étranger et arrive à Verviers pour travailler dans l’industrie locale : il fabriquera des machines à carder et filer la laine. Bien établi, il fait venir sa famille sur le continent et c’est ainsi que John Cockerill arrive en Belgique en 1800.
      • Le château de Seraing
        • Vue du site, 2020 © Province de Liège - Musée de la Vie wallonne (Dominique Crosset)
          • Fondation John Cockerill
            Avenue Greiner 1
          • 4100 Seraing ( BE )
          • Belgium
          • Lon. 5.512205
          • Lat. 50.6161587
      • On le retrouve dès l’âge de 18 ans comme premier contremaître dans les ateliers de son père et dès 1813, William Cockerill cède ses ateliers à ses deux fils, John et James, comme cadeau de mariage. Cependant, seul John continue dans les activités liégeoises de la famille. Dès 1815, ce dernier rêve de concurrencer l’Angleterre, alors première puissance mondiale grâce à ses industries et son moteur, la machine à vapeur. John Cockerill ambitionne donc d’être un des premiers constructeurs de machines à vapeur du continent. En 1817, tout se met en marche. Liège est alors sous domination hollandaise et Guillaume Ier d’Orange, roi des Pays-Bas, décide de soutenir des industriels de la région. John Cockerill sera un des premiers à bénéficier de cette aide. Il obtient le château de Seraing, l’ancienne résidence d’été des Princes-Evêques de Liège, pour une bouchée de pain : 21.262 florins. Il y installe son usine, véritable modèle de modernité car elle concentre en un même lieu tout le processus de fabrication : de la transformation des matières premières jusqu’au montage des machines. Il crée ainsi la première usine intégrée d’Europe. En 1823, le premier haut-fourneau à coke de la région est construit dans l’usine et mis à feu en 1826. En 1835, la première locomotive à vapeur d’Europe continentale, la « Le Belge », sort de ses ateliers. Cockerill fournit également des rails et des wagons, permettant à la jeune Belgique de développer ses nouvelles infrastructures ferroviaires qui vont révolutionner le transport. Les innovations et les progrès technologiques fabriquent la renommée internationale de l’entreprise et de son fondateur. 

        Portrait de John Cockerill par Barthélemy Vieillevoye, 1842
        © Fonds de Beco, MMIL.

        Mais tout a une fin. John Cockerill, inlassable investisseur, étend son activité à l’international, sans hésiter à prendre des parts dans des sociétés qui lui achètent des machines, plutôt que de se faire payer. En 1838, il se trouve à court de liquidités suite à une importante crise financière. Toujours à la recherche d’expansion et dans l’espoir de sauver son entreprise qu’il détient sur fonds propres, il prospecte les marchés étrangers, notamment en Russie. En revenant d’une de ses missions, il trouve la mort en 1840 à Varsovie, terrassé par la fièvre typhoïde. 
        À sa mort, la société est en liquidation. Toutefois, afin de sauver les outils et l’emploi créé à Seraing, l’État et les banques s’associent pour fonder la société anonyme John Cockerill. À sa tête, le neveu par alliance de John Cockerill, Gustave Pastor, qui a été formé à ses côtés, en assume la direction générale. Avec lui, la société se lance dans de nouveaux projets. En 1841, un arrêté royal donne l’autorisation de construire un pont à péage enjambant la Meuse à Seraing. Quelle révolution pour les locaux qui ne pouvaient auparavant traverser qu’en barque ! En 1843, le pont est inauguré, permettant ainsi aux ouvriers de venir travailler plus facilement, même s’ils devaient s’acquitter d’un droit de passage. Ce n’est qu’en 1898 que l’État, la Province et la Commune de Seraing rachètent la concession à la compagnie privée exploitant le pont jusque-là et le rendent libre de passage. En 1905, à l’occasion de l’Exposition universelle de Liège, un nouveau pont est construit mais il est détruit en 1940 par l’armée belge, qui tente d’enrayer l’avancée des troupes allemandes. Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle passerelle est mise en service, qui sera remplacée en 1960 par un nouveau pont, situé un peu en aval des précédents : l’actuel pont de Seraing.

        Acte de soumission n°239 du Pont de Seraing permettant un droit de passage, 1844, Fonds de Beco,
        © Fonds de Beco, MMIL.

        De 1859 à 1889, la Cockerill publie en plusieurs éditions les portefeuilles des meilleures machines jamais construites par la société depuis 1817. Au fil des planches, on y découvre toutes sortes des machines : à vapeur, locomotives, bateaux, machines extractives, métiers à tourner des canons, machines à polir les glaces, laminoirs, etc. C’est à Hubert Brialmont, premier ingénieur de la société, qu’est confiée la tâche de réunir ce vaste panorama sous forme d’atlas. Ce riche ensemble de plus de 300 planches, en trois volumes est un plaidoyer à la technologie. À travers les plans et les textes, les industriels et le public averti découvrent avec précision l’agencement et le fonctionnement de ces machines, les enjeux rencontrés à leur conception et les défis relevés. Aujourd’hui, c’est autant la prouesse technique que l’esthétique des planches qui captent le regard.

        Établissement de la société Cockerill en 1850, dans La Belgique industrielle, Edwin Toovey, Imprimeurs Simonau & Toovey, 1933 © MMIL.

        Si l’entreprise de Cockerill a subsisté pendant toutes ces années, les véritables changements vont survenir après la Seconde Guerre mondiale. À partir des années 1940, la société ne cesse de fusionner avec d’autres compagnies, axant progressivement ses activités davantage sur la sidérurgie que sur la construction mécanique. En 1982, la division est définitive : la section mécanique du groupe sidérurgiste Cockerill-Sambre devient une société filiale sous le nom de CMI, Cockerill Mechanical Industries. La branche sidérurgique et la section mécanique connaîtront des destins différents. Cockerill-Sambre, qui regroupe les activités de métallurgie du fer du bassin liégeois est absorbé par Usinor en 1998, puis devient Arcelor en 2002. En 2006, une OPA agressive l’amène à intégrer le grand groupe mondial ArcelorMittal, qui mettra un terme à la sidérurgie à chaud liégeoise en 2011. Les usines à froid, qui s’étalent dans le bassin liégeois de la Meuse de Marchin à Tilleur sont aujourd’hui encore détenues par ArcelorMittal et par le groupe Liberty. Quant à CMI, la société deviendra en 2004 Cockerill Maintenance & Ingénierie et enfin John Cockerill en 2019. Encore installée dans le château de Seraing aujourd’hui, l’entreprise John Cockerill poursuit les activités d’ingénierie qui ont fait la gloire de Cockerill. Ainsi, la société s’inscrit irrémédiablement dans la modernité tout en gardant en mémoire son illustre histoire. 

        Vue aérienne du Château et du site de Seraing, photographie, ca. 1950 © MMIL.

        Sources bibliographiques

        HALLEUX Robert, Cockerill. Deux siècles de technologie, Liège, Éditions du Perron, 2002.
        PASLEAU Suzy, John Cockerill: Itinéraire d'un géant industriel, Liège, Éditions du Perron, 1992.

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