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      • Etape D
      • La salle des fêtes d'Ougrée-Marihaye

      • LE BASSIN SIDÉRURGIQUE LIÉGEOIS

      • Le long de la Meuse, à Seraing, dans l’ancienne commune d’Ougrée, parmi les bâtiments témoins de la grandeur des entreprises sidérurgiques, la salle des fêtes de la société Ougrée-Marihaye est sans doute celui qui a marqué le plus la population locale.
      • La salle des fêtes d'Ougrée-Marihaye
        • Vue du site, 2020 © Province de Liège - Musée de la Vie wallonne (Dominique Crosset).
          • Quai Louva 1
          • 4102 Seraing ( BE )
          • Belgium
          • Lon. 5.5364135
          • Lat. 50.607797
      • Conçu en 1948 par l’architecte liégeois Georges Dedoyard, il abrite les fêtes et les événements de la société dès le début des années 1950. Les ouvriers d’Ougrée-Marihaye s’y pressent pour toutes sortes de réceptions, puis ceux de Cockerill, après la fusion des deux sociétés en 1955. 
        La première société mère d’Ougrée-Marihaye remonte à 1835. Le contexte économique liégeois permet alors à des entrepreneurs de se lancer en sidérurgie avec l’appui financier des nouvelles banques belges prêtes à investir. Cet élan permet aussi à des charbonnages de s’orienter vers une activité sidérurgique, telle la SA des Charbonnages et Hauts-Fourneaux d’Ougrée, créée en 1835.

        Portrait de Gilles-Antoine Lamarche (1785-1865) © MMIL.

        Cette société tire son origine du Charbonnage d’Ougrée, qui était successivement passé entre les mains de John Cockerill, puis des frères Behr. Parmi ceux-ci, deux se distinguent particulièrement : Frédéric-Louis, très actif dans la naissance de la SA des Charbonnages et Hauts Fourneaux de l’Espérance et Albert, associé à l’histoire des Hauts fourneaux d’Ougrée, dont il devient le directeur en 1840, succédant à Georges Michiels, lui-même impliqué également dans la création de la SA des Charbonnages et Hauts Fourneaux de l’Espérance. On constate à quel point les grandes familles s’entrecroisent dans les jeunes sociétés anonymes belges et combien leurs directeurs sont intiment liés. Une autre société à l’origine d’Ougrée-Marihaye est la SA de la Fabrique de Fer d’Ougrée, fondée en 1837 par Gilles-Antoine Lamarche, avec le soutien de la Banque de Belgique. 

        En 1892 s’opère une première fusion, lorsque la Fabrique de Fer d’Ougrée fondée par Lamarche accepte d’être réunie avec la SA des Charbonnages et Hauts Fourneaux d’Ougrée, prenant ainsi le nom de Société Anonyme d’Ougrée. On y exploite des mines de charbon, de fer, on y produit du coke, de la fonte, du fer et de l’acier, en somme tout pour en faire une véritable usine « intégrée » comme l’était aussi la société John Cockerill. Un nouvel agrandissement a lieu en 1900, quand la SA des Charbonnages de Marihaye s’ajoute à l’équation pour donner naissance à la Société Ougrée-Marihaye. En un demi-siècle d’existence, celle-ci devient une des entreprises les plus prolifiques de Belgique. L’union faisant la force et les banques menant la danse, les sociétés John Cockerill, Ougrée-Marihaye et une troisième entreprise, Ferblatil, fusionnent en 1955 pour devenir la société Cockerill-Ougrée. 
        Si la salle des Fêtes d’Ougrée-Marihaye reste un lieu emblématique, c’est autant par sa fonction que par son architecture. En effet, on ne compte plus le nombre de réceptions qui ont eu lieu entre ses murs. Les pensionnés y fêtaient leur départ, les décorés y étaient mis à l’honneur et les assemblées générales s’y déroulaient. Des milliers de métallurgistes de tous rangs ont passé les portes de cette salle, en un temps où la sidérurgie liégeoise se portait à merveille. 

        Réception des décorés d’Ougrée-Marihaye à la Salle des Fêtes, 1949 © MMIL.

        L’intérêt de l’architecture de l’édifice mérite aussi d’être souligné. Georges Dedoyard, à qui l’on doit également les Bains de la Sauvenière à Liège et le pont-barrage de l’île Monsin, conçoit dans les années 1950 cet immeuble de quatre étages dans le style paquebot. Branche tardive de l’Art déco, ce style architectural né dans les années 1930 s’inscrit dans une recherche de juxtaposition entre de longues lignes horizontales et des surfaces verticales incurvées. Ainsi, en plus de l’orientation horizontale très marquée des bâtiments, ils se distinguent par des bords arrondis, des fenêtres d'angle, des toits plats, et, sur certaines parties, par une courbe omniprésente. 
        Vu les restructurations dès les années 1970, les fêtes se raréfient et les lieux sont de moins en moins occupés. Dans les années 1990, les ouvriers de Cockerill y organisent encore une exposition par an, « Arts et vie », permettant de mettre en valeur leurs talents artistiques.
        Depuis 2005, grâce au plan de requalification urbaine de Seraing, un ambitieux projet se développe pour donner une nouvelle vie à ce bâtiment. La salle des fêtes est achetée par la Ville en 2010 à ArcelorMittal. La régie de Seraing, Eriges, décide d’y implanter un pôle culturel avec une grande salle de spectacle pouvant accueillir 1.500 personnes, une autre plus petite et des espaces dédiés à la restauration et à des expositions. La rénovation a veillé au respect de l’architecture caractéristique du bâtiment afin de rappeler l’importance du lieu dans l’histoire industrielle et sociale de Seraing et d’affirmer l’empreinte de ce lieu dans le paysage. La façade a été entièrement nettoyée et débarrassée de l’épaisse couche de pollution accumulée. Cela a permis de révéler les couleurs d’origine des matériaux, notamment les intéressants pavés verts clairs. Les travaux seront achevés en 2020. Le secteur Musique et Danse de la Province de Liège, s’y installera bientôt, avec un studio d’enregistrement. Par la suite, un exploitant privé y organisera des concerts pouvant accueillir des artistes internationaux. 

        Sources bibliographiques

        PASQUASY François, Les hauts fourneaux d'Ougrée: histoire d'une usine à fonte, Liège, Centre d'édition, de fournitures et d'aide pour la lecture, coll. Ly Myreur des Histors, 2008.

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