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Etapes d'itinéraire
      • Etape E
      • La saline ducale de Rosières

      • LA ROUTE DU SEL EN LORRAINE

      • par Henri VASSE président de l’association Ros-hier
          • 54110 Rosières-aux-Salines ( 54 )
          • France
          • Lon. 6.332948999999999
          • Lat. 48.595365
      • L’exploitation du sel à Rosières est sans doute assez ancienne. La localité en tire son nom. Rosières pour les roseaux car la zone était marécageuse et « aux salines » en raison de l’existence de sources salées appelées salines.

        Elle est attestée en 1191 par un acte de cession d’une partie des salines et de son château fort par Henri VI d’Allemagne à Frédéric et Bruno de Bruck.1

        Une partie seulement car à cette époque, la propriété est morcelée entre plusieurs propriétaires, noblesse et clergé.

        L’exploitation est artisanale, par évaporation dans de petites poêles.

        Maquette de la saline échelle 1/175 d’après un plan de 1748

        Conscients de l’intérêt financier qu’elles représentent, les ducs de Lorraine vont s’attacher à les acquérir et plus particulièrement Ferry III. Procédant par achat et échange, elles seront regroupées en une seule saline dans l’escarcelle du duché. Ce sera totalement réalisé en 1321.
        La chauffe des poêles s’effectue avec le bois des environs mais la ressource va s’amenuiser. Elle provoque la grogne des habitants et conduit à la fermeture de la saline en 1480 faute de combustible.

        En 1563, Christine de Danemark régente du duché pour son fils Charles III va relancer l’activité de la saline comme le fronton de la porte principale le rappelait:

        « Très haute, très puissante et très excellente princesse Christine, reine née de Danemark, Suède et Norvège, des Goths et des Vandales, Slavons….l’an 1563 le premier jour de février a fait ériger de fond en comble cette présente saline à l’advencement du bien public de Lorraine, laquelle avait été désertée soixante dix neuf ans auparavant. » 2

        Le bois combustible viendra désormais du massif des Vosges, par flottaison libre, deux fois par an, à la Saint Martin et à la Saint Georges.

        Détail de la gravure.

        « six sources d’eau salée coulent dans ces six places fortes, don-nant, extrait par cuisson, un sel très blanc en si belle abondance, qu’il est possible d’en avoir suffisamment et que de grandes ri-chesses reviennent au prince »

        La saline va prendre de l’importance au point de figurer au premier plan du cartouche « Salina » du frontispice récapitulant les richesses du duché de Lorraine dans le livre écrit par La Ruelle et illustré par Mérian et Brentel lors de la pompe funèbre de Charles III en 1608.

        Elle va susciter la curiosité de personnalités et autres inventeurs.

        Ainsi Simon Boulduc, apothicaire et chimiste du roi de France (Louis XIV puis Louis XV) y fera établir un laboratoire pour produire du sel d’Epsom à partir des résidus appelés schlot en patois, qui sera consommé en tant que sel digestif et prendra le nom de sel de Rosières.

        Bernard Palissy passera 15 jours en 1580 à chercher le moyen d’économiser le bois sans y parvenir vraiment. Il aura cette conclusion « les Lorrains sont bien fous de tant dépenser alors qu’ils pourraient avoir du sel de mer moins cher ». Il faut préciser qu’il était vendéen !

        Plan d’une poêle de la saline de Rosières selon l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert
        Visibles sur le dessin du bas, les trois parties de gauche à droite, la poêle, le poêlon et l’exhalatoire

        L’économie de bois étant la préoccupation principale, nombre d’inventions et de techniques nouvelles vont voir le jour, la plupart d’entre-elles expérimentées à Rosières.

        Celle due à Mrs Hombergk et Tholde,en 1590 qui consiste à disposer un exhalatoire en plomb en plus du poêlon et de la poêle. Il est chauffé par les fumées chaudes du foyer principal. Le plomb absorbant bien la chaleur, la saumure serpente sur l’exhalatoire afin de s’y préchauffer avant de se déverser dans le poêlon puis dans la poêle.

         

        L’espionnage industriel existait déjà. L’ingénieur allemand Schickardt reproduit en 1603 les plans d’une invention destinée à économiser le bois dans les salines, copie conforme de celle en usage dans la saline ducale. 3

        Echange de bons procédés, c’est une invention allemande, déjà utilisée dans des salines d’Alsace qui va être mise en œuvre à Rosières afin d’augmenter le taux de salinité de la saumure.

        Plan de la saline et de son bâtiment de graduation dressé en 1748 par l’ingénieur des ponts et chaussées. Mr Baligand / Bibliothèque municipale Stanislas de Nancy

        A partir de 1739 et jusqu’en 1758 un bâtiment de graduation va être érigé à proximité de la saline. Ses dimensions sont impressionnantes. 10 mètres de largeur, 15 mètres de hauteur mais surtout 3300 pieds soit 1000 mètres de longueur.

        Son efficacité est surtout avérée en été car le principe est de provoquer une évaporation par dissipation de la saumure dans des fagots d’épineux ou de noisetier.

         

        Malgré ses particularités technologiques, la saline fermera ses portes en 1760, pour deux raisons. La première invoquée tient à la grande consommation de bois. 30 000 cordes soit environ 90 000 stères sont nécessaires pour produire 5500 tonnes de sel. Par ailleurs, le puits principal est fréquemment envahi d’eaux parasites.

        La seconde moins revendiquée, est que la Ferme générale de Lorraine, à la demande de celle de France et avec l’appui du grand chancelier La Galaizière doit envisager des économies de gouvernance dans l’attente du rattachement au royaume. L’éloignement de la seule saline de la vallée de la Meurthe par rapport à celles de la vallée de la Seille va la condamner.

        Pour compenser l’énorme impact économique sur la localité, entre 80 et 100 personnes travaillent à la saline, Stanislas la fait transformer en caserne et y installe une partie du régiment des Cadets de Lorraine.

        A la mort de celui-ci en 1766, le régiment est dissous. Chaumont de la Galaizière profite des installations pour créer un haras. C’est le début d’une autre histoire.

         
        Il ne subsiste que peu de vestiges de la saline.
        Le plus remarquable est cette porte qui donnait accès au parc à bois sur l’arrière de l’établissement.
        Dans le cartouche encore visible sur le fronton était inscrite la devise :
         
        SED NUNQUAM CADIMUS.
        Que l’on peut traduire par:
        MAIS NE TOMBE JAMAIS
        Qui était la devise de Christine de Danemark

        L’association Ros-hier et aujourd’hui a créé un musée du site qui retrace l’histoire de la saline et celle du haras.

        Elle propose des visites guidées et commentées du musée mais aussi de la localité afin de découvrir son architecture médiévale et renaissance ainsi que ses monuments historiques, église, place et fontaine St Pierre et son emblématique beffroi dit « le Ban-Ban »

        Sur rendez-vous à votre convenance au 07 74 52 95 52

        • Salle de l’histoire de la saline

        • Salle de l’histoire du haras


        1Archives départementales Côte d’or. Cote B535 acte de cession
        2Archives départementales Meurthe et Moselle. Cote C103 inventaire de la saline par Mr Baligand
        3hauptstaatsarchiv Stuggart. Cote N220 T64 description poêle de Rozières

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