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Etapes d'itinéraire
      • Etape I
      • La Meuse et ses aménagements

      • LE BASSIN SIDÉRURGIQUE LIÉGEOIS

      • Si la Meuse fait partie intégrante de Liège et de son histoire, c’est qu’elle a contribué à façonner la région et son économie. Ses crues et décrues ont nourri des plaines fertiles propices à l’agriculture, amenant de nombreux paysans à s’installer à proximité du fleuve.
      • La Meuse et ses aménagements
        • Vue du pont Mémorial Albert Ier sur l’île Monsin, 2020 © Province de Liège - Musée de la Vie wallonne (Dominique Crosset).
          • Rue de l'île Monsin 50-1
          • 4020 Liège ( BE )
          • Belgium
          • Lon. 5.6287254
          • Lat. 50.6536158
      • Dès le Haut Moyen-âge, la Meuse et ses affluents fournissaient également l’énergie hydraulique dont les moulins avaient besoin et assuraient des liaisons commerciales. La Meuse est essentielle pour comprendre le développement de Liège et a joué un rôle majeur dans le quotidien de ses habitants. Ses nombreux aménagements ont progressivement modifié le paysage de la région et l’urbanisme de la ville.
        Dans la région liégeoise, la Meuse traverse un bassin houiller long d’environ 30 kilomètres, entre Engis à l’ouest et le Plateau de Herve à l’est. Le pays est connu dès le 12e siècle pour son extraction de charbon et, du début du 19e au milieu du 20e siècle, les charbonnages contribueront grandement à sa prospérité. Pourtant, pour des raisons de rentabilité et en l'absence de législation, les charbonnages n'ont pas systématiquement remblayé les galeries après leur exploitation, ce qui a provoqué, petit à petit, l’affaissement des terrains en surface de 5 à 10 cm par an. Dès le 16e siècle, le fleuve étant de moins en moins protégé par ses remblais naturels, les crues se sont répétées. À partir du 19e siècle, l’exploitation des houillères étant de plus en plus intensive, certaines zones étaient même descendues de 4 à 6 mètres. Irrémédiablement affectés, les niveaux des terrains sont de plus en plus proches de celui de la Meuse, ce qui favorise les inondations. 
        La crue de 1880 provoque une réaction. Même si la ville de Liège a été relativement protégée grâce aux travaux d’endiguement du fleuve et à la création du canal de la Dérivation des eaux de la Meuse et de l’Ourthe (1853-1863), et même si elle n’a atteint que les quartiers les plus bas, on décide alors d’installer à Seraing une première station de pompage afin de réguler le niveau de la Meuse. C’est l’entreprise Cockerill, dont les usines avaient subi les inondations, qui en assure la construction. Elle existe toujours aujourd’hui. Mais les exploitations minières poursuivant leur travail de sape, le phénomène s’aggrave de plus en plus. Ainsi, le 1er novembre 1925, la Meuse sort à nouveau de son lit, sans que les eaux ne puissent se retirer. En janvier 1926, suite à de fortes précipitations, les eaux atteignent rapidement les étages des bâtiments. 35.000 habitations sont touchées. La vie s’organise tant bien que mal : on circule en barque et on accède à son domicile par les étages, via des échelles posées sur les façades. Inondés, les écoles, les usines, les charbonnages étaient fermés et 250.000 travailleurs se retrouvent au chômage. La nourriture et les vivres arrivaient par barques, grâce à l’aide de la Croix Rouge, des mouvements de jeunesse, des associations militantes ou des voisins. Lorsque les eaux se retirent enfin, quelques semaines plus tard, tout était saccagé. 

        Inondation aux Ateliers Cockerill à Seraing, 1926 © Fonds de Beco, MMIL.

        Au vu de la gravité de cette catastrophe, les autorités publiques réagissent énergiquement et chargent Hector Biefnot (1869-1936), ingénieur et ancien directeur des travaux de la Ville de Seraing, de concevoir les travaux pour éviter de futures inondations : nouvelles digues, dragages, barrages, suppression d’îlots… Ces dispositifs n’étaient toutefois pas suffisants en cas de fortes crues et on crée en 1928 l’Association Intercommunale pour le Démergement et l’Épuration des communes de la province de Liège (AIDE) qui met en œuvre un plan de démergement destiné à prévenir les inondations en mesurant en permanence le niveau des eaux et en évacuant le trop-plein. Les premières canalisations sont posées en 1928 et de nombreuses stations de pompage sont construites à partir des années 1930. Elles sont encore bien présentes et on peut les voir tout le long de la Meuse, de Seraing à Herstal. Construites en béton armé, elles sont équipées de puisards qui pompent en continu les eaux des affluents de la Meuse. Elles sont aujourd’hui au nombre de 42 et aucune d’elles n’a été jusqu’à présent endommagée.  

        Protection contre les inondations, extrait du Programme d’aménagement de la Meuse liégeoise, Ministère des Travaux publics, Ponts et Chaussées, années 1930 © Province de Liège - Musée de la Vie wallonne.

        Trois barrages, équipés de centrales hydro-électriques, complètent le système préventif et permettent également de réguler le régime de la Meuse. Le premier, en aval de la Ville de Liège, à l’île Monsin, a été inauguré en 1930, lors d’une Exposition internationale ; le deuxième, à l’amont du bassin industriel liégeois, à Ivoz-Ramet, a été mis en service en 1938 ; le dernier, tout proche de la frontière néerlandaise, à Lixhe, est opérationnel depuis 1980. 

        Construction du pont-barrage de l’Île Monsin, vers 1930 © Fonds Cockerill, MMIL.

        Le Canal Albert est une autre réalisation majeure dans le domaine des voies hydrauliques.
        Décidé dans le cadre d’un plan de grandes réalisations nationales après la première guerre mondiale, il a été construit entre 1929 et 1939. Envisagée depuis quatre siècles, la jonction de la Meuse et l’Escaut était désormais devenue une nécessité stratégique. Elle permettait de relier Liège et la sidérurgie wallonne au port maritime d’Anvers, en passant par les charbonnages de Campine dans le Limbourg et sans devoir quitter le territoire national. À l’origine, le canal, long de 129 kilomètres, permettait le passage de péniches de 2000 tonnes qui devaient emprunter 6 écluses. Il est inauguré en grande pompe le 30 juillet 1939 par le Roi Léopold III et la Reine Elisabeth dans le cadre de l’Exposition internationale de l’Eau. La cérémonie s’est déroulée sur le site du Mémorial Albert Ier qui marque l’entrée du canal, à la pointe de l’île Monsin, en aval de Liège. Cette esplanade, conçue pour la circonstance par l’architecte Joseph Moutschen (1895-1977), comprend un phare de 42 mètres contre lequel est adossée une statue géante du roi Albert, réalisée par le sculpteur Marcel Rau, ainsi qu’un bas-relief, encadré de rondes-bosses symbolisant la ville portuaire d’Anvers et la ville industrielle de Liège : Le Débardeur, de Robert Massart et le Puddleur de Louis Dupont. 

        Représentation symbolique de la ville de Liège sur l’esplanade de l’île Monsin, 2020 © Province de Liège - Musée de la Vie wallonne (Dominique Crosset). 

        Suite au développement économique, il deviendra rapidement nécessaire d’adapter le canal à un trafic de plus en plus intense et au besoin de transporter des volumes de plus en plus importants.
        Dès 1962 débute un programme d’importants travaux d’élargissement et d’approfondissement du canal, nécessitant de nombreux nouveaux ouvrages d’art, comme le pont à haubans de Wandre, conçu par le bureau d’études Greisch, inauguré en 1989 et désormais classé comme monument du patrimoine wallon. Terminés en 1997, ces aménagements autorisent le passage de bateaux de 9.000 tonnes, ce qui a permis à Liège de devenir le troisième port d’intérieur en Europe.

        Sources bibliographiques

        KEIMEUL Jean-Pierre, Les inondations de Liège en 1926, Liège, Les Analyses de l’IHOES, 2007. 
        SUTTOR Marc, « La vie sur la Meuse liégeoise et à ses abords au Moyen Age », in Les hommes, la Meuse, Cahiers de la Maison du Patrimoine Médiéval Mosan, n°6, Dinant, 2013, p. 127-132.
        Le démergement de la région liégeoise. Une histoire de charbon et d’eau, une histoire d’hommes, Liège, Association intercommunale pour le démergement et l'épuration des communes de la province de Liège, 2017. 

        FILM

        Gaumont, Reportage d’actualités sur les inondations à Liège, 1925-1926 © Province de Liège - Musée de la Vie wallonne. 

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