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      • Etape V
      • Atelier de J. Benoit

      • COEUR DE VILLE - NANCY

      • De nos jours, la maison située à l’angle du 37, rue Hermite et de la ruelle de l’Esprit à Nancy a cette particularité d’avoir accueilli trois artistes lorrains à trois époques successives, Ernest Bussière (1863-1913), Jules Schneider (1884 ?-1920) et Joseph Benoit (1871-1936).
      • Atelier de J. Benoit
        • © Ph. B. Aurora, 2019 - Vitrail signé Benoit frères (1938), église Saint-Vincent-Saint-Fiacre (Nancy)
          • 37, rue Hermite
          • 54000 Nancy ( 54 )
          • Lon. 6.173021299999959
          • Lat. 48.6976025
      • Le sculpteur, Ernest Bussière, l’occupe en premier probablement vers 1897 et jusqu’en 1913. Le peintre Jules Schneider succède à Bussière entre 1913 (?) et 1920, puis, le maître-verrier, Joseph Benoit de 1921 à 1936, et son fils, Henri Benoît, maître-verrier qui occupe la maison jusqu'à son décès en 1960. Bernard Grunwald, dans une communication effectuée à l’Académie nationale de Metz, rappelle la formation artistique de Bussière au sein de l’École municipale et régionale des Beaux-Arts de Nancy où il suit les cours de Charles Pêtre en 1877, puis dès 1881 à Paris où il est admis à l’École nationale des Beaux-Arts durant huit années. Aux Salons de Paris en 1887, 1888, et 1889, Bussière présente quelques bustes et portraits. En 1889, il revient sur Nancy et participe au concours de l’érection du mausolée de Mgr Trouillet où il remporte un prix. L’atelier de la rue Hermite n’est pas le premier qu’il ait occupé dès son retour en Lorraine en 1889. Bussière s’est d’abord installé rue Jacquinot sans doute jusqu’en 1897. L’artiste se fait remarquer rapidement par ses œuvres. En octobre 1891, on parle dans un article de L’Est républicain, d’un bas-relief destiné au tombeau de la famille Dorisse au cimetière de Préville, réalisé par  « Ernest Bussière, le sculpteur nancéien bien connu » et qui sera exposé au Salon de Nancy. En 1892, il réalise le buste en bronze de l’abbé Gridel, présenté lors de l’inauguration de l’Institution des aveugles. En 1893, il exécute le célèbre monument Grandville en collaboration avec l’architecte Albert Jasson. L’artiste excelle également dans la sculpture décorative où il se fait remarquer au Salon de Nancy en 1896 avec une colossale buire, intitulée, Chaos d’automne.

        Ph. Léopold Poiré, 1901 - E. Bussière à gauche du monument Erckmann , atelier de la rue Hermite © Coll. F. Charmont

        Ph. Léopold Poiré, 1901 - E. Bussière près du monument Erckmann, atelier de la rue Hermite © Coll. F. Charmont

        En avril 1897, on trouve une autorisation de travaux parue dans L’Immeuble et la construction dans l’Est en ces termes : « M. Bussière, 37, rue de l’Hospice ; construire un atelier dans la dite propriété ».

        C’est en octobre 1901, dans un article de L’Est républicain que l’on cite pour la première fois l’atelier de la rue Hermite, autrefois rue de l’Hospice en ces termes : « Ajoutons que le monument Erckmann est visible cette semaine dans les ateliers du sculpteur Bussière, situés ruelle de l’Esprit à Nancy (entrée, 37, rue de l’Hospice) ». Le sculpteur avait réalisé une maquette du monument qui sera érigé à Lunéville, à la mémoire du romancier Émile Erckmann, mort à Lunéville en 1899.

        En 1903, la réalisation des monuments Bouloumié à Vittel et Henri Loritz (fondateur de l’enseignement technique en France et créateur de l’École professionnelle à Nancy) est confiée à Bussière. La même année, il sculpte pour la ville de Colmar le buste de Gustave Bleicher, ancien directeur de l’École de pharmacie de Nancy, et celui de Moreau, fondateur de la brasserie de Vézelise.

         Ernest Bussière, sculpteur, statuaire, décorateur, professeur à l’École des Beaux-Arts de Nancy dès 1889, Officier de l’Instruction publique et membre du Comité directeur de l’École de Nancy dès 1901, décède le 22 août 1913 à l’âge de 51 ans. Une nécrologie publiée le 24 août 1913 en première page de L’Est républicain brossait son portrait : « Ernest Bussière a beaucoup travaillé non seulement comme sculpteur, mais encore comme médailliste. Il avait un atelier du côté de la porte Désilles qui s’ouvrait sur une petite ruelle. Et là Bussière, fumant sa pipe, sa barbe de fleuve pendant sur sa blouse blanche maniait l’ébauchoir avec amour ».

        Ph. Léopold Poiré, 1896 - E. Bussière près de la statue du monument de Fontenoy-sur-Moselle, atelier de la rue Hermite © Coll. F. Charmont

        Mais c’est au grand érudit lorrain, Emile Badel, que revient le mérite d’avoir signé un très bel hommage rendu à un ami de longue date, le 26 août 1913, également en première page de L’Est républicain. Il y retrace la vie et l’œuvre du grand sculpteur et on y apprend du reste que le premier atelier de l’artiste se trouvait rue Jacquinot.

        À la mort de l’artiste en 1913, l’atelier de la rue Hermite est occupé par le peintre Jules Schneider comme le laisse entendre un article de L’Immeuble et la construction dans l’Est daté du 19 février 1922 : «  Nous avons visité cette semaine les nouveaux et superbes ateliers du bon peintre-verrier Benoit, qui s’est amiablement dissocié d’avec Janin – les deux maisons ont tellement à faire qu’elles ne peuvent se faire concurrence. M. Benoit s’est installé rue Hermite, il y a quelques mois et il a fait bâtir de vastes ateliers dans l’ancienne propriété du sculpteur Ernest Bussière, qui fut ensuite au bon peintre Jules Schneider ».

        On sait peu de choses sur le peintre Jules Schneider, natif de Champigneulles (Meurthe-et-Moselle). Seul un avis de décès nous informe qu’il meurt le 20 novembre 1920 dans sa maison 37, rue Hermite. Il était un ancien élève de l’École nationale des Beaux-Arts et de l’École nationale des Arts Décoratifs. Disparu à l’âge de 36 ans, il reste connu notamment pour deux fresques réalisées pour l’église de Notre-Dame de Lourdes au Montet. Il était aussi un peintre « talentueux de nos oiseaux au plumage décoratif : paons, faisans, oiseaux des îles au coloris si chatoyant ». C’est probablement suite au décès de l’artiste que l’atelier, désormais libre, est repris par Joseph Benoit.

        © Ph. B. Aurora, 2019 - Entrée de l'atelier rue Hermite

        Né à Schirmeck (Bas-Rhin) le 27 juin 1871, Joseph Benoit vit son enfance à Reims où la famille s’est installée juste après sa naissance. Il commence son apprentissage dans un atelier de maître-verrier s’initiant ainsi au travail du vitrail où il acquiert une solide formation artistique. Quelques années plus tard, il entre en contact avec un autre maître-verrier, Joseph Janin (1851-1910) et finit par diriger son atelier jusqu’en 1911.            

        (Le Journal de Meurthe, 9-03-1919)

        À cette date, il devient associé des enfants de Joseph Janin, les frères Janin Georges (1884-1955) et Louis (18..-19..). L’atelier est alors situé 12, rue Lionnois avec comme raison sociale « Janin frères et Benoit, maître-verriers ».

        A l’issue de la Première Guerre mondiale, Joseph Benoit déplace son activité et s’installe seul en 1921 dans l’ancien atelier du sculpteur Ernest Bussière au 37, rue Hermite. En 1919, les frères Janin et J. Benoit reprennent leur activité et travaillent toujours ensemble comme le précise une annonce publicitaire parue dans Le Journal de la Meurthe (voir ci contre). L’atelier de la rue Lionnois recherche toujours des « monteurs en plombs pour vitraux d’art » en juin 1919. En mai 1921, « la maison Janin et Benoit » commence la réfection des vitraux de la basilique Saint-Epvre endommagés par des projectiles allemands.

        © Ph. B. Aurora, 2019 - Vitrail signé Benoit frères (1937), église Saint-Vincent-Saint-Fiacre (Nancy)

        Avec les dommages de guerre, les demandes de reconstruction de vitraux d’églises notamment affluent. Joseph Benoit s’installe seul dans l’atelier de la rue Hermite. Il se forge une solide réputation grâce à une production de vitraux d’art d’inspiration religieuse et patriotique qui sortiront du territoire lorrain. Des commandes émanant de France, d’Amérique du Sud et d’Inde, grâce aux missionnaires, lui parviennent.

        Ph. L'Est républicain - Pierre Benoit lors d'une visite de l'atelier de la rue Hermite le 16 août 1955 © Coll. famille Benoit

        L’Immeuble et la construction dans l’Est, toujours dans l'article du 19 février 1922 le souligne : « C’est là, qu’aidé d’un nombreux personnel d’artistes, M. Benoit continue sa propre vie artistique de dessinateur émérite, de peintre de talent et de véritable maître en peinture sur verre. Les travaux ne manquent pas : Sacré-Cœur de Nancy, Jarville, Nomexy, demain sans doute Saint-Epvre, et puis l’Amérique, le Canada…, il y a tant à faire et dans nos régions dévastées, et dans toute la région lorraine.... et ailleurs. M. Benoit voudrait – et avec raison – restaurer l’art un peu abandonné – de la peinture sur verre pour appartements. Il y a tant à faire de ce côté, après toutes les bocheries ridicules dont nous avions été infestées avant la guerre »

        Après le décès de Joseph Benoit en 1936, ses deux fils, Henri et Pierre reprennent la direction de l’entreprise familiale sous la dénomination « Benoit Frères ». Pierre dirige l’atelier tandis que Henri se consacre aux relations extérieures et commerciales. La Seconde Guerre mondiale interrompt l’activité. L’entreprise redémarre alors en 1946. À la mort d’Henri en 1960, Pierre continue seul l’activité qui est déplacée en 1961 de la rue Hermite à la rue Lionnois, dans les anciens locaux des verriers Höner, Janin, Gross et Krieger. Une trentaine d’ouvriers et de dessinateurs copistes composent l’équipe de l’atelier qui s’engage dans la modernité grâce à l’intervention de jeunes artistes (Antoine René Giguet, Jean-Marie Benoit, Camille Hilaire, Yoki Aebischer) sollicités sur des projets aux orientations esthétiques variées.

        Pierre Benoit décède en 1970. L’entreprise va opérer une mutation sous l’appellation « Atelier 54 » à Saint-Nicolas-de-Port  et disparaît définitivement en 2012.

        De nos jours, on peut encore découvrir ce que pouvait être cet atelier de la rue Hermite qui se prolonge sur la ruelle de l’Esprit (encore pavée).

        Blaise AURORA, chef de projet (Image'Est)

        © Ph. B. Aurora, 2019 - Intérieur de l'atelier avec escalier rue Hermite
        © Ph. B. Aurora, 2019 - Intérieur de l'atelier avec verrière rue Hermite
        © Ph. B. Aurora, 2019 - Extérieur de l'atelier ruelle de l'Esprit

        Nous remercions chaleureusement Mme Marie-Noëlle Benoit pour sa collaboration.

         

        REPÈRES CHRONOLOGIQUES

        • 1897 : première occupation de l’atelier par le sculpteur Ernest Bussière

        • 1913 : seconde occupation de l’atelier par le peintre Jules Schneider

        • 1921 : troisième occupation de l’atelier par le maître-verrier Joseph Benoit

        • 1936 : décès de Joseph Benoit et reprise de l’activité par les deux fils

        • 1961 : déplacement de l’entreprise rue Lionnois

        © Ph. B. Aurora, 2019 - Angle rue Hermite et ruelle de l'Esprit
        © Ph. B. Aurora, 2019 - Entrée et façade rue Hermite
        © Ph. B. Aurora, 2019 - Vitrail de Joseph Benoit, église Saint-Vincent-Saint-Fiacre (Nancy)

         

         SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

        • La Question du devenir des vitraux de la chapelle du Groupe des étudiants catholiques de Nancy / Pierre Labrude. – Revue d’histoire de la Pharmacie, 2004, p. 161

        • À la découverte d’Ernest Bussière, sculpteur lorrain de la « Belle Époque » / par Bernard Grunwald. – Communication à l’Académie nationale de Metz documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/34424/ANM_1985_167.pdf (consulté le 15-05-2019)

        • Le Républicain Lorrain, 31-03-2012

        • Le Journal de la Meurthe, 22-04-1914

        • L’Est républicain, 19-10-1891, 15-11-1892, 10-10-1901, 10-11-1903, 24-08-1913, 26-08-1913, 4-06-1919, 29-05-1921

        • La Lorraine artiste, 1-08-1900

        • L’Immeuble et la construction dans l’Est, 4 avril 1897, 20 décembre 1903, 16-07-1921, 19-02-1922

        • Le Journal de Meurthe, 9-03-1919

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