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      • Etape L
      • Anciens Abattoirs

      • COEUR DE VILLE - NANCY

      • Jusqu’en 1842, les abattoirs de Nancy étaient implantés intra-muros. Le premier était situé rue du duc Raoul (ancienne rue de la Boucherie). La Ville-Neuve disposait également de son propre établissement rue Raugraff de 1605 à 1842. Sur réclamation de nombreux habitants, l’administration municipale en décida le transfert hors des murs de la ville, dans le faubourg Sainte-Catherine. Il faut cependant attendre plusieurs années avant de voir l’édifice sortir de terre.
      • Anciens Abattoirs
        • Vue générale de l'abattoir près de la rue de l’Ile-de-Corse © Coll. François Nicolas
          • 42, rue de l'Ile-de-Corse
          • 54000 Nancy ( 54 )
          • Lon. 6.189894600000002
          • Lat. 48.6955192
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        Nancy-guide. Nouveau plan par sections avec itinéraire pour visiter la ville. Dressé par E. Bazin © Coll. BNF Gallica

        La volonté de construire un nouvel édifice en dehors de la ville correspond à une volonté répandue dans la plupart des agglomérations d’éradiquer ces lieux insalubres et dangereux, autant de foyers d’infections souvent associés à l’image d’anciennes écorcheries. En France, les premiers abattoirs construits spécialement datent de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe avec cette nouvelle législation imposant de nouveaux emplacements à l’écart des agglomérations et surtout à proximité d’un cours d’eau.

        Olivier Vincienne en rappelle la construction : «  En 1839 commencèrent les travaux d’un abattoir destiné à remplacer les anciens abattoirs privés. Il fut construit à la sortie de la porte Sainte-Catherine, à droite, entre la rue de l’Ile-de-Corse et l’emplacement où il était prévu de faire passer le canal de la Marne au Rhin. Les travaux durèrent jusqu’en 1842 ».

        Ce nouvel abattoir sera utilisé de 1842 à 1909. Dès 1843, L’Espérance, courrier de Nancy évoque un budget très important consacré à la construction de cet établissement soit 400 000 francs. A titre de comparaison, 500 000 francs avaient été votés pour faire passer à Nancy la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg.

        Vue générale de l'abattoir près de la rue de l’Ile-de-Corse © Coll. Inventaire Général de Lorraine

        La lithographie de 1839 de Chatelain, unique représentation connue, illustre une vue générale de l’abattoir « en construction » près de la porte Sainte-Catherine. L’ensemble se caractérise par deux grands hangars séparés par une large cour et munis de larges ouvertures au niveau du sol, facilitant l’accès aux animaux. Un article de L’Espérance, courrier de Nancy du 2 février 1864 indiquant le nombre d’animaux abattus (taureaux, bœufs, vaches, veaux, moutons, porcs) pour les années 1862 et 1863, rappellent que la ville disposait à ce moment-là d’équipements pouvant répondre aux besoins alimentaires de la population.

        Au début du XXe siècle, les abattoirs du faubourg Sainte-Catherine commencent  à poser quelques problèmes et suscitent de nombreuses critiques. A commencer par l’exiguïté des locaux et l’aspect peu pratique des bâtiments désormais inadaptés. Par ailleurs, le trajet depuis le point d’arrivée des animaux jusqu’au marché à bestiaux s’effectue la nuit ce qui suscite de nombreuses plaintes des riverains. En décembre 1904, l’administration municipale  décide d’un avant-projet portant sur la création d’un nouvel abattoir et d’un marché aux bestiaux soit à « proximité de la propriété Fruhinsholz, près des Cinq-Piquets, à proximité de la Meurthe ou sur l’emplacement des anciens terrains Saint-Georges de la Société de tir » avec un raccordement ferroviaire desservant l’établissement.

        En mars 1905, L’Est républicain écrit clairement dans une enquête sur le besoin d’un nouvel abattoir « L’abattoir actuel de Nancy ne répond plus, depuis longtemps déjà aux besoins de la population de notre ville ».

        On y apprend notamment que l’ancien abattoir ne dispose d’aucune installation frigorifique permettant de fournir de la viande dans un état de fraîcheur durant l’été. Toutefois, ce nouveau projet inquiète les commerçants du quartier que font vivre les bouchers, les commissionnaires en bestiaux et les tripiers. Le témoignage d’un garçon commissionnaire en bestiaux bien mécontent de ce transfert indique :

        « Toutes les nuits, il va chercher à la gare les bœufs du Charolais et du Mâconnais, il les conduit à grand renfort de coups de trique jusqu’au marché aux bestiaux par les rues détournées. Avec le nouveau marché, son métier deviendra inutile puisque les animaux y seront amenés directement par le chemin de fer et le garçon devra chercher fortune ailleurs qu’à Nancy. Il ne comprend pas combien vont être joyeux les Nancéiens habitant sur le parcours traversé par les bandes de ruminants. Plus de réveils en sursaut provoqués par un tapage infernal : cris d’animaux, jurons de bouviers, galopades folles dans l’obscurité… ».

        Un entretien accordé au président du Syndicat de la boucherie paru le 3 mai 1905 dans L’Est républicain, renseigne également sur l’état désormais vétuste et insalubre de l’ancien abattoir. On y apprend que les conduites ne sont pas équipées de « syphons » et laissent passer des gaz provenant de la fermentation des débris organiques entraînés par les eaux de lavage. Les murs crépis favorisent l’accumulation de déchets qui dégagent de fortes odeurs. L’abattoir comprend un certain nombre de cases à quatre coins dans lesquels sont jetés des débris de toutes sortes générant une atmosphère impropre à la conservation de la viande. Ces cases doivent être supprimées et remplacées par un immense hall. On préconise de recouvrir les murs jusqu’à une hauteur de deux mètres d’un enduit de ciment lisse ou de brique céramique facile à nettoyer. L’article met enfin l’accent sur le problème des sols peu étanches, l’hygiène des outils de boucher, leurs conditions de travail et ce que devrait être une installation frigorifique.

        Avec le projet d’un nouvel abattoir boulevard d’Austrasie et les concours lancés auprès des constructeurs dès avril 1909, l’établissement du faubourg Sainte-Catherine tombe dans l’oubli. En décembre 1909, on examine au sein du Conseil municipal la vente des bâtiments et terrains de l’ancien abattoir. En janvier 1912, une délégation du Conseil municipal visite les nouveaux locaux des abattoirs et le quai de débarquement de la gare Saint-Georges où les wagons transporteront directement les animaux à l’abattoir. Un juin 1912, la démolition des anciens abattoirs du faubourg Sainte-Catherine se poursuit inéluctablement. Les terrains seront cédés par la Ville à l’usine à gaz pour l’agrandissement de ses ateliers. Une page de l’histoire se tourne !

         

        REPÈRES CHRONOLOGIQUES

        • 1839-1842 : construction des abattoirs près de la porte Sainte-Catherine

        • 1842-1909 : fonctionnement de l’abattoir du faubourg Sainte-Catherine

        • 1912 : destruction des anciens abattoirs du faubourg Sainte-Catherine

         

        SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

        • Études rétrospectives. Nancy avant et après 1830 / Stanislas Thomas. – Nancy : A. Crépin-Leblond, [1898]

        • Le colonel Noël, Maire de Nancy / Olivier Vincienne, in Le Pays lorrain, 1982, n°3

        • Première Semaine du Patrimoine de l’École d’Architecture de Nancy : Semaine du 26 au 30 janvier 2004.

        • Les rues de Nancy / Paul Robaux, Dominique Robaux. – Nancy ; Berne : éditions universitaires Peter

        Lang, 1984.

        • L’Espérance, courrier de Nancy, 12-06-1841, 2-02-1864.

        • L’Est républicain, 20-12-1904, 17-02-1905, 16-03-1905, 3-05-1905, 31-12-1905, 27-06-1907, 14-01-1912, 21-06-1912. L’article du 6 juin 1907, signé Émile Badel, présente un historique détaillé des abattoirs de Nancy de 1497 à 1907.

        • L’Immeuble et la construction dans l’Est, 2-02-1908.

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