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      • Cité ouvrière (Longwy)

      • Dossier pédagogique réalisé par Cindy Fernandez, Mathieu Molinéris et Jenny Muller, enseignants stagiaires à l’INSPÉ de l’Université de Lorraine

      • Dossier pédagogique réalisé par Cindy Fernandez, Mathieu Molinéris et Jenny Muller, enseignants stagiaires à l’INSPÉ de l’Université de Lorraine
      • Cité ouvrière (Longwy)
      • Présentation

        Cette photographie est issue d’une carte postale, présentant la cité ouvrière de Gouraincourt. Cette dernière date vraisemblablement du début du XXe siècle et, plus précisément, de la période d’avant la Première Guerre mondiale, soit entre 1900 et 19101.
        La photographie est attribuée à Louis Moreau, dont les recherches actuelles ne permettent pas d’en savoir davantage sur cet auteur. Elle peut être rapprochée de l’illustration de G. Peltier à Clamart, présentant une vue aérienne de la cité ouvrière de Gouraincourt dépendant des aciéries de Longwy (Annexe 3, document 1).

        Description

        Cette carte postale noire et blanche est composée de deux parties verticales (gauche et droite) et de deux plans horizontaux (premier plan et arrière-plan), sans aucun doute liés à la construction de l’image. À droite et au premier plan, s’alignent et progressent jusqu’à l’arrière-plan des maisons toutes semblables, destinées à loger les ouvriers des usines sidérurgiques. À gauche, au premier plan, une terrasse sur laquelle se tiennent des enfants en habits du dimanche, jouant au sol ou regardant à l’horizon. Un des enfants tient un objet dans ses mains. Il est bien difficile de savoir si c’est une sorte de tambourin ou autre chose. Derrière eux, un homme, bien vêtu lui aussi, les surveille ou observe simplement la scène. À l’arrière-plan, apparaissent les cheminées fumantes des usines. En portant une vue globale sur ce paysage, on constate l’opposition entre la végétation du premier plan, où prennent place les enfants, et le monde du fer de l’arrière-plan, celui de la sidérurgie, où s’activent les ouvriers par milliers.

        Analyse / Contextualisation

        Entre 1830 et 1930, la France connaît un bouleversement social et économique avec l’entrée dans l’âge industriel. Nous distinguons communément deux industrialisations : la première, de 1830 à 1880, concerne l’exploitation du charbon et l’apparition de la machine à vapeur, tandis qu’au cours de la seconde industrialisation apparaissent de nouvelles sources d’énergies telles que l’électricité et le pétrole, ainsi qu’une nouvelle organisation de la production : le travail à la chaîne.

        L’âge industriel entraîne de nombreux changements sociaux ; une nouvelle classe sociale naît : les ouvriers à l’usine. L’industrialisation apparaît aussi, à partir de 1850, comme le facteur déterminant de l’urbanisation, ce qui engendre une redistribution progressive des individus dans l’espace, un bouleversement des rapports entre les villes et les campagnes. La population des pays industriels triple entre 1815 et 1914, alors que celle des villes est multipliée par dix.

        Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’aspect des villes se modifie. Ces modifications et la modernisation des zones urbaines engendrent une ségrégation socio-spatiale : les ouvriers sont désormais cloisonnés dans les cités ouvrières, à la périphérie de la ville. Au cours de cette époque, le paternalisme se développe : le maître de l’usine est aussi le maître de l’espace, de la ville où vivent ses ouvriers.

        Au cours des XIXe et XXe siècles, l’extraction du minerai de fer et son exploitation deviennent des éléments majeurs de l’économie de la Lorraine. Avant la guerre de 1870, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle produisent 1,4 % de l’acier français et Longwy est majoritairement rural. Quarante-trois ans plus tard, en 1913, la production d’acier en Meurthe- et-Moselle correspond à 69 % de la production nationale, soit une croissance d’environ 67 points.

        C’est à la fin du XIXe siècle, alors que la Moselle industrielle est annexée, que la ville de Longwy est concernée par l’implantation d’usines sidérurgiques. Tout au long du XXe siècle, une population importante d’étrangers, travaillant dans les mines et la sidérurgie, a afflué. Dès lors, il devenait nécessaire de les loger.

        La cité de Gouraincourt a été construite pour le personnel des usines sidérurgiques. Elle est constituée d’un ensemble d’habitations ouvrières édifié entre 1882 et 1893. Il s’agrandit entre 1900 et 1932, de logements de contremaîtres érigés entre 1863 et 1880, et d’un logement patronal situé dans un parc datant de 1896.

        La corrélation de cette obligation de logement, avec l’idéologie paternaliste, ont permis à certains industriels de construire les cités ouvrières afin que leurs employés soient productifs, disponibles à toutes heures et garants d’un travail sur plusieurs générations.

        L’habitat est conçu selon une hiérarchie sociale en fonction de la proximité de l’usine. Effectivement, les première et deuxième avenues, les plus proches, sont octroyées aux employés tandis que la troisième est principalement habitée par des chefs d’équipes. Les quatrième et cinquième rues sont, quant à elles, réservées aux ouvriers.

        Bibliographie

        • Commaille, L. (1998). Les cités ouvrières de Lorraine (1850 - 1940). Thèse de doctorat. Metz.
        • Edelblutte, S. (2010). Paysages et territoires de l’industrie en Europe : Héritages et renouveaux. Ellipses.
        • Société des Aciéries de Longwy. (1930). Aciéries de Longwy : 1880-1930. Braun et Compagnie. Mulhouse.

         

      • Publié le 14/08/2020
      • Annexes

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        Scénario pédagogique

        Scénario pédagogiquepdf - 95 Ko

        Séance pédagogique

        Séance pédagogiquepdf - 73 Ko

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