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      • Carte postale de la Journée des orphelins (Alfred Philippe ROLL, 1915)

      • Dossier pédagogique réalisé par Marie-Christine Bonneau Darmagnac, enseignante d'histoire-géographie.
      • Carte postale de la Journée des orphelins (Alfred Philippe ROLL, 1915)
      • L’auteur : Alfred Philippe Roll est un peintre naturaliste, né en 1849 et mort en 1919. Il est l’un des peintres officiels sous la IIIe République et reçoit de nombreuses commandes d’Etat dont un tableau commémoratif du 14 juillet visible au Petit Palais. On connait de lui deux affiches, celle pour la Journée de l’orphelinat des Armées de 1915 et une autre pour les soldats blessés tuberculeux en 1917.

        La carte postale est éditée par l’Orphelinat des Armées à partir d’une œuvre du peintre Alfred Roll. L’affiche a été réalisée pour la Journée de l’Orphelinat des Armées. La carte postale met l'accent sur la détresse d'une famille, marquée ici par l'absence du père. Une mère, assise sur un rondin de bois, le visage abattu, sur laquelle est allongée une jeune enfant, inerte, et un jeune garçon, dans une posture de recueillement plongent cette composition dans une profonde affliction accentuée en arrière-plan par un paysage, sans doute de ruines. L’œuvre de Roll insiste sur la vie difficile des civils accentuée par la probable disparition du père.

        Entre 1914 et 1918, environ 8 millions de Français sont mobilisés et 1,4 million meurent ou disparaissent au combat. À l’issue du conflit, la France compte 1,1 million d’orphelins. Des œuvres de secours se mettent en place et des journées de bienfaisance sont instituées très tôt (l’affiche date de 1915), comme la journée nationale de l’orphelinat des armées du 20 juin 1915 au cours desquelles des fonds sont recueillis, notamment à travers la vente d’épinglettes, pour venir en aide à ces orphelins. A partir de la loi du 27 juillet 1917 qui instaure le statut de pupille de la nation, les enfants bénéficient d'une protection particulière de l’État, notamment en matière de scolarité, de santé ou de loisirs.

        L’association de l’orphelinat des armées, créée en 1914, est à l’origine de cette journée de collecte de fonds. Le 20 juin 1915 a donc lieu la première journée en faveur des orphelins. Il est difficile de dissocier les aides aux veuves et aux orphelins, les deux étant souvent liées. Sur l’affiche, la journée est clairement dédiée aux orphelins mais la présence de la mère probable des deux enfants incite à penser qu’orphelins et veuves font l’objet d’une prise en charge conjointe (P. Bette). L’Association nationale de l’orphelinat des armées, se fixe pour objectif d’« assurer l’éducation des enfants qu’une mort glorieuse a privés de leur père, les laisser, autant que possible, à leur mère ou à la famille, et si mère et famille font défaut, leur rendre un foyer par le placement familial »  (Manuel général de l’Instruction primaire : journal hebdomadaire des instituteurs et institutrices, 82e année, no 9, 12 décembre 1914)

        Les fonds recueillis sont importants comme l’indique l’étude de P. Bette. L’Orphelinat des Armées a reçu 811 353,65 francs entre 1915 et 1924. Les fonds récoltés sont répartis équitablement par le comité central de secours, organisme créé par le ministère de l’Intérieur, entre les différentes fondations chargées de venir en aide aux orphelins. Le comité central reste le garant des sommes récoltées et de leur distribution à la suite des Journées organisées sur la durée de la guerre.

        Bibliographie

        FARON Olivier,  Aux côtés, avec, pour les pupilles de la nation. Les formes de mobilisation en faveur des orphelins de la Première Guerre mondiale, dans Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF, 2002 https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2002-1-page-15.htm#

        FARON Olivier, Les enfants du deuil. Orphelins et pupilles de la nation de la première guerre mondiale, Editions La Découverte, 2001

        BETTE Peggy, « Des œuvres de guerre aux offices nationaux : l’évolution de la prise en charge des veuves de guerre (France, 1914-1924) », Revue d'histoire de la protection sociale, 2016/1 (N° 9), p. 68-87. DOI : 10.3917/rhps.009.0068. URL : https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2016-1-page-68.htm

        PIGNOT Manon, Allons enfants de la patrie, Seuil, 2000

      • Publié le 04/04/2019
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